La traversée a été longue mais facile, vent arrière tout le long. La nuit, enveloppée dans un sari, j'ai admiré le ciel plein d'étoiles. Un jour et une autre nuit ont passé. Notre voile n'a pas cessé d'être tendue et de tirer la coque vers l'avant. Au deuxième matin, nous sommes arrivés en vue de Sittwe.Un temple doré étincelait sur une colline. Il dominait l'embouchure d'un fleuve où se pressaient des barques de pêcheurs. C'était le port.
Je venais de mettre pied à terre lorsque j'ai été abordée par deux hommes, l'un en civil, l'autre serré dans un uniforme kaki. Ils m'ont conduite dans un bâtiment grisâtre et ont contrôlé mes papiers. Je pensais pouvoir repartir, mais ils ont continué sur le ton de la conversation : « d'où venez-vous, où allez-vous, avez-vous des amis ici, non? Des contacts alors?. Pourquoi passez-vous par Sittwe? » Ils paraissaient intéressés par mes réponses. Ensuite, ils m'ont poliment demandé l'autorisation de fouiller mon sac. Evidemment, ils ont remarqué les images qu'on m'avait confié à Puri. Etalées sur la table, elles formaient un ensemble incongru. Moi aussi je considérais pour la première fois ces photographies. Il y avait une aile, un nid, une baie, un noeud, une portée de musique qui semblait représenter un air, une taie et un nez.
« Ce sont mes porte-bonheur » ai-je dit. « L'aile protège mon voyage, le nid est celui que j'ai quitté, la baie garantit que j'aurais toujours à manger... » Je ne sais plus ce que j'ai bredouillé pour la taie mais j'ai conclu que le nez était essentiel dans mes activités culinaires. « Sans nez, sans flair, pas de gastronomie ». Ils écoutaient mes explications mais courtoisement m'en demandaient toujours de nouvelles. Visiblement, ils avaient tout leur temps. Dehors, on apercevait les palmes d'un cocotier et le bruit du port entrait par les fenêtres. On m'a apporté un verre de thé froid et ils m'ont questionné sur Emi et Balthazar, sur mes amis et fréquentations, sur mes passe-temps. Je leur ai parlé du blog.
L'homme en uniforme s'est assis devant l'ordinateur, dans le coin de la pièce. Il a commencé à taper du même air appliqué que les policiers dans nos commissariats en France, avec les deux index.
Heureusement qu'ils ne comprenaient pas le français. Ils s'intéressaient donc surtout aux photos et regardaient avec les plats d'Emi, souvent avec étonnement, parfois avec envie. On était déjà l'après-midi et moi qui n'avait pris ni petit-déjeuner ni déjeuner, mon estomac se serrait à revoir le boudin aux deux pommes, la daurade grillée à la sauce de soja, les shumai de champignons ou même le quignon de sarmentine sur lequel avait porté le premier article du blog.
Ils ont entrepris l'examen des liens un à un. Pourquoi les propos de « menus propos » étaient-ils menus? Quelles étaient les activités de ces gens « Un dimanche à la campagne »? Pendant leurs conciliabules en birman, je mijotais à petit feu. Puis ils me remettaient sur le grill. Il était environ 4 heures de l'après-midi, ils ont commencé à aller sur les blogs des personnes qui m'honorent de leurs commentaires. Heureusement, il n'y en a pas beaucoup. Ils se sont intéressés à Babeth : le point de croix avait une signification religieuse? «Les petites choses de la vie » comprenaient-elles la politique ? Etc, etc...
Ce n'était toujours pas terminé. L'homme en uniforme a tapé « Fleur de sel + Voltaire », « Fleur de sel + Sartre » sur Google, mais sans résultat. Ce sont des blogs que je ne fréquente pas.
Le crépuscule a envahi la pièce. Ils ont rangé leurs affaires et m'ont emmenée dans un hôtel et j'ai été courtoisement enfermée dans une chambre. Le matin suivant, retour dans le bâtiment gris. On me servait des verres d'un café très clair et très sucré. Des questions, encore des questions. Ils semblaient vouloir achever une routine.
Vers midi, j'ai bien vu qu'ils avaient faim. La conversation a encore un peu traîné puis ils m'ont déposée au centre ville. « Nous sommes ravis d'avoir fait votre connaissance. Bonne continuation de voyage au Myanmar » Ils se sont dirigés vers un restaurant et y ont disparu.
J'ai continué d'un pas nerveux sur la même rue. Un peu de crainte et surtout toute l'excitation de tous les cafés sucrés bus pendant la matinée.
Une land-rover verte a ralenti. J'ai entendu "Aung San Suu Ky" murmuré d'une voie douce. La portière s'est ouverte.
Nous avons roulé vers le nord-est pendant des heures, d'abord dans de grandes plaines fertiles pontuées de statues et de stupas, puis à travers les bois et les collines. Tard dans la nuit, nous nous sommes arrêtés. On m'a offert du riz, des crevettes sautées, un grand plat de légumes, une soupe au goût très prononcé. On m'a beaucoup remercié pour les images. Elles seraient destinées à une sorte d'héroïne nationale, de surcroît lauréate d'un concours suédois.
Pour la distraire d'une captivité interminable, on lui transmettait des rébus qu'elle s'empressait de déchiffrer et qui lui témoignaient que le monde extérieur ne l'oubliait pas.
Gemüse Meme – Meme légumes
Ein Stäbschen von Foodfreak wurde mir über Chili & Ciabata, Wie Gott in Franckreich übereicht. Brot und Rosen , Küchenlatein und Kochfrosch haben bis jetzt auch mitgemacht auf andere Wege.
-
Magst Du Gemüse?
Leidenschaftlich. Wenn es Gemüse gibt habe ich ein « Satt "Gefühl . Es ist mir passiert bei Leute eingeladen zu sein die fast nur Fleich essen und wo auf dem Teller nur ein winziges Stück Gemüse gab. Furchbares Gefühl. Sobald zu Hause hab ich gleich zum kochen angefangen.
-
Hast Du ein Lieblingsgemüse?
Nein. Aber es muss ganz frisch sein, es sollte « organisch » aufgewachsen sein und es muss unbedingt von der genaue Jahreszeit sein. Natürlich kommt es vor das ich für den Blog Tomaten im Winter benütze oder Kohl im Sommer. Da meine kleine Blog Kreatur « Fleur de sel » zur Zeit auf eine Weltreise wandert und da die Emi die verschiedene Rezepte back home kochen muss muss ich schon abundzu Auberginen oder Peperoni benützen.
Obwohl ich keine Lieblingsgemüse habe könnte ich mich im Frühling mit Spargeln krank essen, und im Sommer es ich jeden Morgen Tomaten mit geröstetem Brot als Frühstück
-
Gibt es ein Gemüse, von dem Du denkst (oder weißt), daß viele Leute es nicht mögen, aber Du selbst findest es ganz toll? Warum?
z.b. Okro. Viele Leute haben es ungern ist weil es schleimig ist. Wenn Gemüse eine starke Eigenschaft haben wie z.b. der Geruch bei Fenchel, dan haben Leute wahrscheinlich mehr Hemmungen. Mein Mann ist keine Rote Rüben wegen dem blutigen Saft.
-
Gibt es ein Gemüse, von dem Du denkst (oder weißt), daß es viele Leute ganz toll finden, aus dem Du selbst Dir aber nicht viel machst? Welche Erfahrungen hast Du damit gemacht?
Nein
-
Welche Gemüsesorten sind für Dich ungewöhnlich?
<>Da müsste man zuerst genau sagen wo der Unterschied zwischen Gemüse, Obst und Blumen. Tomaten sind in manchen Länder als Früchte betrachtet. Die riesige Bananen Blumen werden wie Gemüse gekocht und schmecken wie Artichoken, eine ander Blume...
Also, wenn ich Bücher von Michel Bras oder von Marc Veyrat lese muss ich gestehen das es viele Pflanzen (Gemüse?) gibt die ich noch nicht kenne. Die sieht man aber auf keinem Markt
-
Nenne ein paar Gemüse, die Du häufig zubereitest / isst.
Obwohl ich keine Lieblingsgemüse habe könnte ich mich im Frühling mit Spargeln krank essen, und im Sommer es ich jeden Morgen Tomaten mit geröstetem Brot als Frühstück.
-
Welche/s Gemüse möchtest Du genauer kennenlernen und mehr in der Küche einsetzen?
Die jenige die Bras oder Veyrat benützen. Da müsste ich aber ein paar hunderte km fahren um sie kenne zu sammeln.
-
Ein paar Gedanken über Gemüse.
Das wort Gemüse scheint mir sehr abstrakt. Es gibt hunderte Sorten Tomaten oder Kürbisse, alle mit ganz verschiedene Geschmacke und Texturen. Man sollte Gemüse wie Wein betrachten. Tausende von Gefühle die nur durch Achten und Training entdeckt werden können.
Das wichtigste : « Saison und Terroir ». Leider kann ich das nicht auf Deutsch übersetzen.
-
Nenne ein tolles Gemüsekochbuch
« La nature dans l'assiette » von Georges Blanc habe ich viel benützt. Aber mit alles was man auf Internet finden kann ist es jetzt veraltet.
Obwohl es nicht Kochbuch gennant werden kann und es nicht immer appetitlich aussieht schaue ich auch manchmal in « Bush Food » von Jennifer Issacs herein. Da geht es um was die Einheimsichen in Australia essen. Da kann man über eine ganz andere Welt und verschiedenes Leben traümen.
Darf ich das Stäbschen an Kafka na praia und Astrid weiter leiten?
Pour tempérer une inquiétude sourde, j'ai préparé un grand repas birman.
Oui, je m'inquiète. Fleur de sel a quelque chose de cristallin qui lui donne ce caractère un peu abrasif mais éclatant. Seul le climat sec et ensoleillé de Charente Maritime lui convient vraiment. Elle n'est jamais aussi belle et exaltée que lorsque nous nous promenons dans les grandes salines de notre village ou de la pointe de l'île de Ré.
Par dessus tout, je crains les voyages en mer qui risquent de l'entraîner vers une vie dissolue. Je crains aussi pour elle les climats de mousson qui pourraient la détremper et l'émousser.
Enfin bon, je vais vous présenter les plats que j'ai retenus.
C'est une palette de goûts typiques qui risquent de déconcerter mes lecteurs français s'ils sont gênés par le goût de la pâte de crevettes. C'est le prix de l'authenticité. On pourrait supprimer cette pâte mais alors il ne resterait que l'acidité du citron et la fadeur des chayottes.
Autre détail fondamental, il faut choisir un riz léger.


Comment ciseler les chayottes
Ingrédients indispensables pour obtenir un goùt authentique


Soupe de chayottes
Brochettes de crevettes


Comment ciseler les légumes
Légumes croquants, rapidement sautés juste avant de servir
Chez moi, on s'est régalé. Je vous souhaite aussi un très bon appétit en ce samedi matin.
| Résumé des chapitres précédents : Fleur de sel, très jeune créature de blog, s'est échappée des routines familiales. Chaque matin, elle se lève, regarde le soleil levant puis se met en route, toujours plus à l'est... Pour lire ses aventures depuis le début, cliquez ici |
Mais écrivez Poori de Puri...
Finalement, le train est arrivé à Puri, le quatrième point cardinal de l'Inde. On vient de très loin visiter le temple de Jagannath Mandir. Pour ma part, j'aspirais à prendre une bonne douche, à bien déjeuner puis à reprendre la route, ou plutôt la mer.
Dans la gare, un hôtel imposant mais un peu délabré. Au rez de chaussée, le restaurant semble démesuré pour les quelques clients présents. Des serveurs en grand uniforme se tiennent derrière vous pendant tout le repas, singuliers vestiges des Chemins de Fer de l'empire britannique, il maintiennent l'étiquette qui régnait à la cour de la reine Victoria.
Les crevettes sautées étaient fraîches et croquantes. Le poori, quoique un peu gras, m'a semblé délectable. J'aimais le silence de cette grande salle seulement troublé par les pales de ventilateurs poussifs.

Un peu plus loin, un homme grisonnant m'observait avec curiosité. Au moment du thé, il s'est dirigé vers ma table et m'a demandé la permission de s'asseoir.
Bien sûr, il a voulu savoir d'où je venais et où j'allais.
-
« Vous avez déjà beaucoup voyagé, mais beaucoup moins que le nom de cette ville ».
Je ne comprenais pas.
-
« Puri est dérivé de Pura qui signifie ville, château, forteresse en langue Pali, l'une de nos langues les plus anciennes. Et voyez-vous Mlle Fleur de sel, les mots voyagent. Ils s'accrochent aux basques des voyageurs, comme les semences de mauvaises herbes et les virus ».
-
« Mais Monsieur, en France, pourri n'a pas du tout la même signification! »
-
« Ah oui, c'est donc arrivé en France! »
-
« Pas seulement. Le grand Pierre de Russie l'a ramené chez lui pour fonder St-Petersbourg, les Anglais l'ont embarqué vers l'Amérique et baptisé Pittsburg, d'autres l'ont transporté jusqu'en Afrique du Sud pour créer Johannisburg »
-
« Tout l'occident et même l'Afrique! »
-
« Mais on trouve aussi des Puri en Indonésie et des Buri en Thaïlande, vous voyez, vous êtes ici à la source des civilisations urbaines ». Il semblait émue et j'étais impressionnée.
« Mlle Fleur de sel, je vous parle du germanique BURG, dérivé de notre PURA pali. Peut-être êtes-vous allée Marburg ou à Wolfsburg. Vous connaissez à coup sûr Strasbourg ».
Nous avons encore beaucoup parlé, surtout lui d'ailleurs. Il me déconseillait fortement de prendre le bateau pour passer au Myanmar. Les voies terrestres, plus longues certes, étaient plus sûres. Mais finalement, c'est lui qui m'a mis en contact avec un pêcheur disposé à m'emmener.
Au moment où j'embarquais, il m'a confié 7 images classées dans un ordre précis (cela semblait primordial). A mon arrivée à Sittwe une femme m'accosterait en prononçant ces mots : Aung San Suu Ky. C'est à elle seule qu'il fallait remettre les précieuses images.
Il m'a fait répéter plusieurs fois les mots Aung San Suu Ky.
Le bateau tanguait, la brise du soir a gonflé la voile, la coque s'est soulevée et nous voilà partis sur les eaux du golfe de Bengale
Traverser l'Inde n'est pas une mince affaire! Que d'attentes et de changements. Mais, je ne suis jamais restée seule. Toujours une personne du train précédent expliquait mes « particularités » aux nouveaux passagers.
On m'installait au milieu du wagon et tandis que le train cahotait et que la campagne défilait derrière les fenêtres grandes ouvertes, on se regroupait tout autour, on me tendaient des chapatis, et on m'abreuvaient de questions.
« You must be a very fast reader! » J'avoue : oui, je survole, je lis quand la photo est belle, je grapille, je grignote de-ci de-là, je butine, je pollinise...
« What about the others? Do they read more carefully than you?». En général non, mais certaines vous épluchent une recette comme le notaire vous détaille les clauses, les alinéas, les notules d'un testament.
Comment expliquer. Pour Emi et pour moi, Blog-Actu, c'est le marché. On y va pour regarder, humer, tâter, soupeser, goûter, rêver. C'est comme une rue commerçante idéale pour le lèche-vitrine. On pousse une porte, on salue, on essaye. Quelques-fois on achète.
On traduisait mes réponses en urdu, bengali, malayalam, penjabi, hindi, gujarati... Puis des mots bourdonnaient en retour pour de nouvelles questions. Une femme tamile déversait des torrents de syllabes qu'une autre condensait en deux ou trois mots!
On s'intéressait beaucoup à l'art du commentaire. Une grand femme aux yeux clairs voulait savoir si elle aussi pouvait participer et exprimer ses opinions en anglais.
-
Mais oui, bien sûr
-
« But what do you write ? »
-
J'écris « C'est très joli, ça sent bon, j'en veux, j'arrive, garde m'en une part!, c'est à tomber par terre...»
-
« You fall down? »
-
No, it knoks me down!
-
« Oh, is it SO simple? »
-
Parfois on dit : « Coucou! Miam-miam!, Je bave! »
-
« Cuckoo? Miam Miam, Jebaveu? »
-
Oui, c'est normal
-
« Jebaveu, you mean, like a dog? »
On riait sur tous les tons et dans toutes les langues de l'Inde : Ha ha, Ho ho, Hi hi...
Le locomotive à vapeur ahanait. Notre convoi cahotant et tressautant avançait dans l'immensité indienne. Par les fenêtres grandes ouvertes s'échappait une folle cacophonie : Haha, Cuckoo, Miam-Miam, Jeubaveu, Hoho, hihi, Miam-miam, cuckoo, cukoo, Hu hu, miam-miam, Hi hi...
Un peu d'eau, un peu de farine : le chapati |
Un peu d'eau, un peu de farine : le chapati


