Ce que je craignais est arrivé. Fort des remarques élogieuses sur ses oeuvres à l'occasion du grand concours thon & poivrons, mon honorable mari souhaite que désormais, je lui donne plus de publicité et que de temps à autre, je publie ses créations sur mon blog.
Voilà ce que c'est quand on cède une première fois...
Bien, je m'exécute. Je braquerai donc les projecteurs sur l'homme qui partage ma vie depuis 32 ans. De toute façon, je pensais lui consacrer quelques lignes puisque nous fêtons aujourd'hui même notre 24ème anniversaire de mariage. J'entends d'ici les rumeurs et j'y réponds tout de suite : oui, nous avons longtemps vécu dans le pêché! Il m'a fallu 8 longues années de cuisine intensive et inventive pour le séduire, le fidéliser et enfin le conquérir. Qui aime ne compte pas, dit-on!
Il est vrai que c'est un bon homme (j'aime beaucoup la bonhomie des expressions françaises). Il est fort, droit dans ses bottes, honnête, enthousiaste... Avant de me le léguer, ma belle-mère m'a laissé entendre qu'il faudrait un peu le guider au travers des vicissitudes de la vie. Depuis ce jour, je veille discrètement, tempère ses opinions les plus extrêmes, raccommode les liens de voisinage qu'il brise. Rien que de très normal, ce sont là les devoirs de toute épouse orientale.
Pendant longtemps, je me suis estimée comblée, je pensais même avoir trouvé la perle rare, un homme français (espèce très appréciée au Japon) qui se comportait presqu'aussi bien qu'un Japonais! Il travaillait beaucoup, passait non seulement de très longues journées mais même les week-ends dans son entreprise. Il rapportait un salaire correct qu'il me remettait et que je gérais. En échange, je le nourrissais, le cajolais, orientais ses choix avec tact. Tous les jours, j'avais le temps de lire et d'écrire, de flâner sur les marchés, d'orner la maison de grands bouquets de fleurs. Lorsqu'il revenait au foyer, il répétait qu'il s'y sentait comme « un coq en pâte » et moi, les mains dans la farine, je me disais, quelle bonne pâte, cette homme!
Il y a un an, il a déclaré ceci : « Je suis las d'enchaîner des 35 heures toutes les 48 heures, j'ai trahi mes idéaux de jeunesse, je veux me remettre à la peinture à l'huile et à la guitare, et dès que je serai libre, je m'acheterai un kayak ou un bateau à voile ».
Moi, son épouse, j'ai usé de tous mes stratagèmes mais je ne suis pas parvenue à le remettre sur le droit chemin. Le voici maintenant à la maison.
Comme il a longtemps dirigé une (petite) entreprise, il s'est mis en tête de mieux organiser ma vie quotidienne. Il rédige des fiches d'achats sur excell, « taylorise » les tâches domestiques sur un autre logiciel. Son oeil critique suit mes gestes lorsque j'épluche mes légumes : il évalue les gains de productivité qu'on pourrait réaliser. Il m'a aussi annoncé qu'il plannifiait un autre rangement de mes ustensiles. Heureusement j'ai réussi à l'orienter vers la construction d'une cabane dans notre jardin. Mais maintenant qu'il l'a terminée, la menace se précise. Je vois bien qu'il médite de tout régenter dans la cuisine.
Et là, je dis STOP. Nous autres femmes japonaises ne supportons pas qu'un homme franchisse le seuil de notre notre petit royaume. Nous avons des expressions très fortes pour qualifier ce genre d'homme. Je vous épargne nos dictons. Traduits, ils sembleraient encore plus vulgaires.
Ce matin, j'observais la lune, encore toute ronde derrière le grand arbre du jardin. Tantôt, elle me souriait, amicale et bienveillante. Puis elle se voilait la face, derrière les nuages poussés par les vents d'ouest. Je suis inquiète.
Que dois-je faire pour que mon mari redevienne l'homme idéal que j'ai épousé, un beau lundi matin, le 19 octobre 1981, dans la jolie mairie de Perpignan?
P.S. Hier soir, j'ai préparé une salade de pommes de terre et des roll-mops. Ce sont là des nourritures qu'il aime beaucoup. Comme il s'est un peu « enveloppé » ces dernières années, j'ai allégé la salade en glissant quelques pommes du jardin parmi les tubercules. Son commentaire : « Pourquoi n'as-tu pas mis de la mayonnaise comme faisait ma mère! »
Roll-mops
4 harengs
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Pour la marinade
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vinaigre de cidre (2 tasses)
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eau (1 tasse)
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vin blanc (4 à 5 c à s)
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sucre (1 pincée)
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piment oiseau (1 – 2)
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laurier, sel, poivre, grains de 4 épices, clous de girofle)
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Lever les filets de harengs, les garder 12 heures au frais dans de l'eau bien salée.
Mélanger les ingrédients de la marinade, faire bouillir et tiédir.
Sortir les harengs de leur bain, les essuyer puis les plonger dans la marinade. Garder au frais pendant 3 jours. Tourner de temps en temps.
Peler la peau des poissons. Rincer quelques rondelles d'oignon à grande eau pour les adoucir). Touche finale aves quelques capres et demi-cornichons russes.
Enrouler les filets autour des rondelles d'oignons des câpres et des cornichons. Les maintenir avec de petis morceaux de bois pointus.
Pour la sauce des roll-mops
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½ litre de fromage blanc (20% de matières grasses)
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raifort râpé (1 boîte)
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sel, poivre, sucre
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jus d'1 citron
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filet d'huile d'olive
Mélanger le tout
Salade aux deux pommes
1 kg de pommes de terre, les cuire en robe des champs. Peler et verser une tasse de bouillon + vin blanc chaud sur les pommes de terre. Bien laisser pénétrer
Peler 2 pommes et les découper de la même manière que les pommes de terre. Tremper dans de l'eau légèrement salée (les quartiers ne noirciront pas).
Découper 1 oignon et ciseler quelques brins de ciboulette ou d'aneth. Rajouter sel et poivre
Vinaigrette pour la salade
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moutarde
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ail
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sauce de soja (1 c à c)
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vinaigre
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mélange d'huile de colza et d'olive
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sel, poivre
Voici venu le jour « POIVRONS THON »

Je suis très honnorée de vous présenter mes modestes contributions.
Mon honorable mari a voulu participer, lui aussi. Il se flatte d'être un bon cuisinier. Alors, comme dans ce Japon traditionnel dont je suis issue, l'épouse marche à trois pas derrière le mari, je présenterai tout d'abord SA réalisation. Je dois vous avertir qu'il a un esprit assez conceptuel, ce qui me pose parfois quelques problèmes car moi, je cuisine avec mes sens.
J'avais bien remarqué que depuis quelques temps, son esprit battait la campagne. Il me répétait qu'il avait pénétré l'esprit de la compétition, qu'elle était un retour aux principes des jeux grecs, que le baron de Coubertin - s'il était encore parmi nous - y aurait certainement participé. Mon mari pense même que son plat pourrait être régulièrement servi dans le restaurant au dessus du Musée des J.O., à Lausanne.

Pour parfaire son oeuvre et la rendre plus crédible, mon mari voulait m'emprunter mon encre de Chine et peindre l'un des cercles en noir. Je l'en ai dissuadé. Au moins, sa recette restera innofensive. Quant au nom du plat, il souhaite le nommer « Olympicthon »
Pour ma part, je n'ai pas réussi à fixer mon choix sur une recette plutôt qu'une autre. Un jour, il faudra que je vous décrive comment nous préparons le thon au Japon. Mais puisque tout ceci est « pour du beurre », sans règlement trop strict, permettez-moi de vous présenter 3 plats, l'un en hommage à l'automne, l'autre pour tenter un bref rappel de l'été, et le dernier que l'on pourrait servir sur une île déserte, à mille milles de tout feu.
Thon couleurs d'automne
Ingrédients (pour 4 personnes)
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1 belle darne de thon rouge
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1 poivron rouge, 1 poivron jaune
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Ail et échalottes émincées (quantités en fonction de votre goût)
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Sauce de soja - pineau charentais - gingembre râpé – vinaigre balsamique – sel – poivre – préparer un peu de bouillon
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Quelques trompettes de mort sautées dans de l'huile d'olive

Préparer une sauce avec 3 cuillerées à soupe de sauce de soja, la même quantité de pineau, un peu de gingembre râpé. Laisser mariner le thon dans cette sauce pendant 1 heure au moins.
Griller le poivrons, puis les peler. Emincer en lamelles. Sauter les lamelles avec un peu d'huile d'olive, un peu d'échalotte émincée et d'ail. Dresser sur les assiettes avec les trompettes de mort. Verser dans la poèle encore brûlante un mélange de vinaigre balsamique, de sel et de poivre et un peu de bouillon. Répartir le jus obtenu sur les assiettes.
Chauffer fortement votre grill, huîler. Poser brièvement le thon sur chaque face. La chair doit être bien saisie mais rester rouge à l'intérieur. Poser les tranches de thon sur les assiettes (vos convives sont déjà sagement assis à table). Rajouter du poivre dans la marinade et réduire cette sauce. Verser sur les assiettes et servir. Préparé ainsi, vous pourriez convertir au poisson toute personne qui n'aime que la viande.
L'automne s'installe autour de nous, flamboyant mais avec toujours plus frais et humide. « Pour ne pas qu'il nous prenne » dirait Cabrel, on peut tenter, au moins dans nos assiettes, de rappeler le bel été, les grillades dans le jardin, la mer étincelante sous le soleil, les pavillons multicolores des bateaux. Voici une recette de brochette toute simple pour créer cette illusion :
Brochette de thon tricolore :
Ingrédients pour 4 personnes
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1 belle darne de thon rouge
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Quelques gros poivrons rouge, vert, jaune
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Vin blanc, 3 c à s
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Huile d'olive, 3 c à s
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1 gousse d'ail, 1 échalotte (émincer le tout)
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Romarin, feuille de laurier, sel, poivre
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Citron, paprika, poudre de curcuma ou de curry, cumin

Préparer une marinade avec le vin blanc, l'huile d'olive, la gousse d'ail et l'échalotte émincées, le romarin, le laurier. Saler, poivrer.
Découper quelques carrés, triangles ou cercles dans vos poivrons, un peu de chaque couleur.
Découper les morceaux de thon.
Enfiler les brochettes en alternant thon et poivrons. Veiller à alterner les couleurs.
Tremper les brochettes dans la marinade pendant une heure au moins.
Pendant ce temps, préparer les 3 coulis de poivrons. Griller puis peler les poivrons. Mixer séparément chaque couleur en ajoutant citron, huile d'olive, sel, poivre.
Ces trois couleurs flattent l'oeil mais pour différencier les goûts de la pulpe des poivrons, apportez une saveur distincte à chaque couleur. Je vous suggère ceci :
- coulis rouge + paprika,
- coulis jaune + curcuma ou curry,
- coulis vert + cumin.
Vous pouvez déjà décorer vos assiettes et entamer les dernières opérations :
Versez un peu d'huile d'olive dans votre poèle puis faites chauffer fortement. Pendant ce temps, essuyez la chair du thon pour ôter la marinade qui y perle encore. Grillez brièvement vos brochettes puis posez-les sur l'assiette. Voilà, c'est prêt à servir. Pour que le plaisir dégustatif soit renouvelé, il faut goûter alternativement chaque sauce.
Ce plat aurait pu être préparé et dégusté dans votre jardin ou sur votre balcon. Il suffit que vous ayez du feu pour votre grill ou votre poèle.
Mais imaginez qu'un jour, partie en croisière sur votre yacht, vous fassiez naufrage sur une île déserte... Malheureusement, vous n'avez pu récupérer ni le four, ni le micro-onde ni même une malheureuse allumette. Par contre, avant de sauter à l'eau, vous avez jeté dans votre cabas les quelques ingrédients suivants :
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2 poivrons, un jaune, un rouge
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2 gousses d'ail
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2 échalottes
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des câpres (1 c à s )
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1 citron
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de l'huile d'olive
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du gingembre, du sel du poivre,
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de la sauce de soja (1 c à s)
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des graines de coriandre
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de l'huile de noisette
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du vinaigre balsamique
Oui, oui, vous avez de la dextérité et vous avez réussi à rafler tout cela !
Et par chance, votre compagnon tout en nageant vigoureusement vers la côte, a quant à lui capturé un joli thon. Vous voyez qu'il ne faut pas désespérer des hommes!
Et bien, en arrivant sur la plage, vous pourriez préparer un :
Tartare de thon et son duo de poivrons
Coupez les poivrons en lamelles ultra-fines. Préparez la sauce dans la moitié de noix de coco qui gisait sous le palmier... Mélangez l'huile de noisette et le vinaigre balsamique, ajoutez un peu de sel et de poivre.
A l'aide d'un silex taillé, coupez menu et mélangez les ingrédients restants. Découpez en petits morceaux un peu de la chair du thon. Décorez joliment sur une feuille de bananier et dégustez tout de suite, pendant que le poisson est encore tout frais.
Bon, quand je suis à la maison, près de mes fours, je grille les poivrons et je les pèle, ce qui les rend plus digestes et savoureux.
Mais quand on est sur une île, à mille milles de toute terre habitée...
Je pensais avoir terminé et enfin pouvoir expédier ce post aux quatre cyber cardinaux mais mon mari insiste absolument pour me donner encore une autre de ses oeuvres. Il est passé de l'idée olympique à celle du marathon. Je ne comprends pas très bien le cheminement de son esprit surtout lorsqu'il glisse vers ses calembours ou qu'il se mêle d'humour. Mais en bonne épouse, je me soumets et vous confie sa dernière création :

Est-ce donc ainsi qu'il me perçoit, lorsque j'ai un couteau à la main?

En France, on observe benoîtement cette approche : la Roumanie, c'est loin... Et les autorités affirment que toutes les mesures ont été prises.
Avant d'aller plus loin, j'aimerais préciser qu'on peut fort bien vivre avec ce virus H5N1. Il sévit dans pusieurs pays, dont le mien (Japon) depuis plusieurs mois. L'inquiétude est liée aux mutations qui risquent de se produire, mais cela est vrai pour bien d'autres virus.
Il est donc parfaitement justifié de ne pas céder à la panique et il est ridicule d'aller dévaliser les pharmacies : dès maintenant, on pense que le virus résistera au Tamiflu et l'on sait qu'un vaccin ne peut être produit qu'à partir des souches qui vont se manifester.
Ce qui me frappe dans la situation actuelle, c'est son traitement par le gouvernement et par la presse. Cela me rappelle beaucoup avril 1986. Cette année là, la centrale nucléaire de Tchernobyl venait d'exploser et des nuages radioactifs, poussés par des vents d'est, passaient rapidement d'Ukraine vers l'Europe de l'ouest. En Allemagne et en Suisse on avait donné quelques conseils simples et de bon sens à la population : ne pas sortir inutilement, éviter de se promener sur des espaces découverts, ne pas cueillir de champignons. En France au contraire, la presse était lénifiante et s'en tenait aux consignes du gouvernement, surtout ne inquiéter l'opinion publique.
A l'époque, j'habitais Paris. J'étais confiante envers mon nouveau pays d'adoption, envers ses autorités. Je croyais aussi tout ce que je lisais dans « Le Monde » réputé comme l'un des quotidiens les plus sérieux d'Europe. Je ne lisais pas la presse japonaise ni suisse, Internet n'avait pas encore pénétré dans tous les foyers. Je n'ai pas hésité à me promener longuement sur les avenues de la capitale ou sur les hauteurs au dessus de Vincennes.
En France donc, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Pour convaincre le public, on avait mis en avant un certain Professeur Pellerin, « notre meilleur spécialiste sur les questions de radioactivité » (on sait aujourd'hui qu'il était surtout fort proche du lobby nucléaire). Cet homme éminent scrutait chaque jour le ciel et nous assurait jour après jour que la France ne courrait aucun risque. Le nuage est arrivé en Allemagne et le 29 avril, il était signalé dans les provinces allemandes limitrophes de l'Alsace. Le 30 avril, le professeur Pellerin affirmait qu'il n'était pas arrivé en France. Il est vrai que nous vivions encore dans une Europe cloisonnée, avec des douaniers très vigilants à tous les postes frontières... Résultat, un certain nombre de cancers de la thiroïde qu'on aurait très bien pu éviter.
La similitude avec la situation actuelle? Les affaires sont traitées au plus haut niveau de l'état, le Premier Ministre d'alors est d'ailleurs notre président actuel. Nos meilleurs spécialistes planchent sur le sujet (non, ce n'est plus le Prof. Pellerin). La presse est discrète et de bon ton. Il ne faut surtout pas inquiéter la France d'en bas.
On constitue d'importantes réserves de médicaments et de masques de protection. Pasteur-Sanofi est en état de veille permanent. Bravo, c'est très bien, ce sont de bonnes mesures.
Mais pour lutter contre un fléau aussi mobile et variable, il faut aussi s'appuyer sur la population tout entière, en diffusant des consignes simples et claires. Que faudra-t-il faire quand le premier pigeon mort tombera dans la rue Paradis, à Marseille, quand vous trouverez le premier rouge-gorge malade dans votre jardin, quand votre enfant aura touché un objet contaminé. Quelles seront les premières mesures à prendre? Qui faudra-il avertir? Quelles mesures devrons-nous prendre bientôt, non seulement pour les volailles mais aussi pour les fruits et légumes crus?
Les risques sont minimes mais il faut les connaître. Les précautions sont probablement celles d'un hygièene toute simple. En les publiant, on évitera à la fois les mouvements de panique et les propagations insidieuses.
Pour terminer et vous montrer que je ne veux pas jouer à « l'oiseau de mauvais augure » : le titre de ce post est extrait d'un poème de La Fontaine que vous trouverez à l'adresse suivante :
http://poesie.webnet.fr/poemes/France/lafontai/8.html
Ce texte a 3 siècles. Depuis, on est passé par bien d'autres difficultés!
Il n'y a donc aucune raison de nous laisser couper l'appétit.
今日は鳥インフルエンザについてフランス語で。長く書きました。フランス内の事情に付いた物説明しにくいのでこのままとします。明日は鮪とピーマンという題の料理の締切日でそれもフランス語で出します。でも写真はいっているので是非ごらんになってください。コンクールではなくてその日に皆が同じタイトルの料理を紹介するというお祭り騒ぎのような物です。私もそれに便乗して。
その後は前のようなスタイルの日常エッセイに戻りたいと思っています。皆さんの反応お待ちしています。
Si la gentille alouette lâche un pâté sur notre verger...nos légumes et nos fruits crus, pourrons-nous encore les consommer?
Comment laverons-nous notre pare-brise quand , d'une fiente dédaigneuse, il sera sali par la mouette rieuse?
今日この頃朝のニュースは渡り鳥の運んで来るビールスで始まります。重大で深刻 な問題。誰も彼も心配話題の中心です。空をみると渡り鳥規則的な三角の集合で優雅に美しく。のどの赤い可愛らしいこまどりも南から。その愛嬌は冬の厳しさ忘れさせてくれます。と 思うのです。鳥によごされた野菜や果物生で食べられるのでしょうか?かもめの落とした物で汚れた私の車 手袋して洗わなければいけないのでしょうか?
皆さんどう思います?
Photo complète http://www.flickr.com/photos/34352551@N00/52674659/
En cuisine, il faut parfois avoir un coup d'oeil de géomètre. Sinon, on risque de gaspiller une bonne partie des matériaux qu'on a prévu d'utiliser.
Dans le plat que j'ai préparé hier, et que j'ai conçu un peu à la hâte, j'aurais très bien pu me trouver à court d'aubergines si je n'avais pas imaginé l'ensemble de la recette dès le début et coupé mes légumes en conséquence.
En effet, j'avais acheté 5 aubergines, ce qui me paraissait plus que suffisant pour 4 personnes.Mais je voulais obtenir les « supports » suivants :
4 bouts d'aubergines un peu plus larges pour y faire mes soufflés (photo sur le blog d'hier)

4 rondelles épaisses et larges comme support pour les chèvres chauds, à couper dans les parties plus larges du légume.

12 rondelles ni trop grandes ni trop épaisses pour les brochettes ...
donc il fallait les couper dans la partie étroite de l'aubergine

les 4 bouts plus étroits pour mes aubergines aux trompettes de la mort
昨日の料理について説明・
締め切り日の朝突然イメージ。フランスで5つの感 覚(5 sens) という言葉よく使います。視覚 味覚 聴覚 嗅覚 触覚。それではないけれど5つの味のお味の茄子と思いイメージが。となると後は簡単。数学的の考え必要。一つ物茄子の皮きれいに長く切りレモンを入れた湯の中で湯がき柔らになったところでバルザミック レモン オリーブ油 塩 胡椒合わせた中に熱いうちにその色が落ちないうちに。
御免なさい昨日4つといったけれど5つの茄子です。4つの茄子頭の大きい方スフレ様に.続いて大きな輪切り。きのこ詰めの厚い輪切り。そして串刺し様の小さい輪切り用意。スフレ用 キノコ詰めは中をこそげ。残った皮の付いている部分は小さいサイコロ切りに。茄子切ったその時点でレモンの利いた水の中に。詰め物用。そいだ物.皮のない中身。それぞれパラフィン紙の中に別々に包み(アルミホイルはくっ付いてしまいますので 油敷かなくては。御注意)軟らかくなるまでオーブンで焼きます。ところで
- 1トルコ風 (コーリアンダーとクミン)Coriandre et cumin
ブイヨンの中にレモンの皮細かい千切サイコロ切りの茄子ブーケガルニ コーリアンダー クミン加えにたった時点でトマトピューレー少々オリーブ油の中で溶かしたもの加えことこと15分程。軟らかくなったところで汁を切り汁を煮詰め。後は一緒に冷たく。
- 2 茄子のキャビアー(パプリカ)Paprika
焼きナスをレモンとオリーブオイルニンニクでミキサーにかけたもの。とても繊細なお味なのでやたらな香料いれず飾り付けにパプリカが良いと思います。
- 3 茄子トマト山羊のチーズ(タイム) Thym
大きい茄子の輪切り鹿の子目いれフライパンでトマトの輪切りも後はチーズ重ね最後にオーブンで。タイムと蜂蜜1滴2滴
- 4 串刺し (ローズマリー )Romarin
小さな輪切りやはり鹿の子目両面にフライパンでオリーブオイルと。
にんにくエシャロットローズマリーのトマトクーリーを載せて・。
- 5 キノコケー ス。( パセリ)Persil
焼いた茄子の中身を細かくにんにくエシャロットキノコ(Trompettes de la mort) tをパターで炒めケースに
- 6 スフレ(エストラゴン )Estragon
キノコケースの中身ベシャメルソースと卵黄 白身泡立てたもの加えオーブン190度 15分。スフレに興味のある方コメントどうぞ。昔研究のため1週間毎日作り家族のものからストップの声 長らく作っていません。でも美味しいスフレ今でも作れるのではないかと思っています。
簡単な説明ですが単純な茄子6つの味の世界でそれぞれしっかり個性発揮。もちろん試食しました。皆感激してくれました。3時間掛かりました。写真はスフレがしぼみお皿の選択間違え一寸がっかりですが。



