Mercredi 8 février 2006
Fleur de sel n'a pas l'air de vouloir publier aujourd'hui. Ca tombe bien. Il y a quelques personnes comme Gastronomades pour réclamer mon retour sur le blog afin qu'on y lise des choses plus utiles et moins futiles.
Fleur de sel a tendance à ne voir que la forme et à négliger le fond. Un blog culinaire ne doit-il pas donner la place centrale à La Recette? Sinon, où irons-nous, je vous le demande?


Autre question, les samosa, vous les achetez tout prêts?

Et quand vous les réchauffez ces samosa achetés, la pâte n'est pas un peu grasse et mollassonne?

Je ne voudrais pas vous influencer, mais les samosa préparés à la maison, c'est quand même autre chose. Vous choisirez vous-même la viande et les légumes, bios si possible, bien frais dans tous les cas...

Ensuite, lorsque vous apporterez les samosa tout chauds sur la table, ils murmeront et crépiteront encore un instant, au sortir de la casserole. Ils seront croustillants et très légers sous la dent.

Alors, tout le monde s'exclamera : "Quoi? Ca ! Des samosa? Mais ça n'a rien à voir avec ce qu'on me donne d'habitude!".

Et vous, triomphale ou modeste, selon votre mode pour vous la jouer "Oh, moi, je les prépare toujours moi-même". Vous pourrez même leur proposer votre recette, la vraie, l'unique...(la mienne est celle du livre déjà cité)

Vous n'avez jamais essayé?  Voici quelques exercices et après ça, vous plierez les samosa aussi vite que d'autres leur serviette. Ci-dessous les 4 étapes :




Mais reprenons au début


10 feuilles carrées pour rouleau de printemps (21,5 x 21,5).

– Les couper en 3. On fabrique ainsi des mini-samosa, plus maniables et faciles à manger.

J'ai aussi essayé avec de feuilles de brick mais le résultat est très friable. Par contre, je n'ai pas essayé les feuilles de filo.


Farce à la viande

1 càs d'huile ou de ghee
1 gousse d'ail hachée fin
1 càc de gingembre frais haché fin
2 oignons moyens hachés finement
2 càc de poudre de curry
½ càc de sel
1 càs de vinaigre ou de jus citron
250g de viande hachée( agneau ou boeuf) - on peut obtenir de 25 à 30 mini-samosa.
½ tasse d'eau chaude
1càc de garam massala
2 càs de lles de menthe ou de coriandre fraîche hachées


Chauffer le ghee dans une casserole et y faire revenir l'ail, le gingembre et la moitié de l'oignon, jusqu'à ce que ce dernier commence à fondre. Ajouter la poudre de curry, le sel et le vinaigre. Mélanger, ajouter alors la viande hachée et faire revenir à feu vif en remuant constamment jusqu'à ce qu'elle colore. Baisser le feu et ajouter l'eau chaude. Couvrir et laisser cuire doucement en remuant fréquemment,jusqu'à ce que la viande soit tendre et qu'il ne reste plus de liquide. Saupoudrer de garam massala et de feuilles de menthe ou de coriandre. Retirer du feu et laisser refoidir. Ajouter l'oignon restant, bien mélanger.

Montage

Regardez la photo. Préparer le mélange de fécule de pomme de terre et d'eau à utiliser en guise de «  colle ». Ne remplissez pas trop : trop pleins, il éclatent et se répandent dans l'huile de friture. Cette étape de collage est très importante. Si on la néglige et que les samosa ne soient pas bien soudés, ils se défairont. Choupette utilise du blanc d'oeuf pour ce collage.

Cuisson : Pour ma part, je les fris dans une casserole, parce que je veux pouvoir les tourner et leur faire prendre une jolie couleur. Dans une friteuse, on irait plus vite mais je crois que la couleur obtenue serait moins jolie.

Si on voulait les cuire au four, j'imagine qu'il faudrait les badigeonner d'huile auparavant. C'est à essayer...

On peut préparer tous les samosa à l'avance. Mais on ne peut pas simplement les empiler car on risquerait ensuite de les abîmer en les séparant. Penser à séparer les couches avec de la cellophane.


Farce aux légumes

350g de pommes de terre
150g de petits pois

150g de carottes
1 piment vert frais
2 càs de garam masala
1 càs de piment rouge moulu
1 càs de gimgembre frais râpé
1 càc de cumin
ghee ou beurre
sel

Faire bouillir les pommes de terre, les peler et les écraser avec le garam masala. Mixer le reste des épices avec le piment vert, pincée de sel et un peu d'eau, pour obtenir une pâte.
Peler et émincer finement les carottes. Les faire revenir à l'huile dans une cocotte avec les petits pois (J'ai utilisé les surgelés .nc je les ai blanchsi et ajoutés à la fin) puis verser un peu d'eau, ajouter la
pâte d'épices, couvrir et laisser cuire. Incorporer les pommes de terre, et laisser encore quelques instants.



Bon, je me sens mieux et je trouve que ce blog retrouve un peu de tenue.

Consultez aussi la version sucrée proposée par Avital.
Diantre (comme ne disait pas mon grand-père japonais, cet article est en train de se transformer en encyclopédie du samosa!
Mardi 7 février 2006

A peine installée sur la banquette, 5 autres femmes sont entrées dans le compartiment.. Un contrôleur est passé et a examiné les billets. « But you did not have to pay! Blog Creatures can travel free in India! », s'est-il exclamé. Mon anonymat percé, j'ai été criblée de questions par mes compagnes de voyage.

« Are you married? » (Il faudrait mettre 5 ou 6 R pour exprimer la manière dont elles roulent ce son du bout de la langue)

« Who will choose your husband? Your parents or yourself? »

Elles ne se contentaient d'aucune réponse, me relançant sans cesse.

« But why do you not write about finding a husband instead of concentrating on cooking? »

« How much do you earn  when you write ». A ma réponse, elles m'ont regardé avec incrédulité puis elles ont éclaté de rire. J'écrivais sans en retirer aucun profit!

« But why do you waste your time writing then? »

J'ai parlé de nos traditions en France. Les personnes qui lisent mon blog sont comme celles qui fréquentaient les salons au XVIIIème. On rencontre des gens intéressants, on crée de la conversation, on s'épanouit en société.

Elles ont continué à rire, d'un rire d'incompréhension. J'ai cité la grande Sei Shonagon - mère de toute femme qui souhaite écrire - la contesse de Die, Louise Labbé et d'autres... Rien ni personne ne pouvait entamer leur refus.

Alors, j'ai formulé un exemple qui me trotte dans la tête depuis quelques temps.

« Moi et les autres blogueuses, nous sommes comme des copines à l'école. Le matin, j'arrive, j'embrasse celles de mon groupe. Je regarde leur robe, elles me montrent la leur. Je leur prête mes brachelets, elles me font essayer leur foulard. Nous échangeons nos goûters et il y en a toujours une pour proposer un nouveau jeu...Il y a des grandes que tout le monde respecte et à qui on fait la cour, il y a celles qui vous snobent et celles à qui l'on confie les secrets les plus secrets »

Cette fois-ci, j'avais touché. Elles aussi, elles avaient connu ces moments, elles s'étaient tiré les nattes, avaient joué à colin-maillard et avaient échangé des bijoux.

Elles se sont rapprochées et ont partagé avec moi leurs provisions.



des samosa chauds et croustillants...


 
Résumé des chapitres précédents : Fleur de sel, très jeune créature de blog, s'est échappée des routines familiales. Chaque matin, elle se lève, regarde le soleil levant puis se met en route, toujours plus à l'est...
Pour lire ses aventures depuis le début, cliquez ici


Lundi 6 février 2006

A la frontière pakistanaise, les douaniers n'étaient pas très différents de ceux qui venaient de fouiller mon maigre bagage à la sortie d'Iran. Ensuite, pour comprendre si je changeais enfin de continent.j'ai scruté les collines et les villes du Baloutschistan.

Lorsque mon voyage n'était encore qu'un rêve vague, j'imaginais que c'était par ici que l'on franchissait le seuil de l'Asie. Tout devait y être différent. A la réflexion, je m'étonne du peu de place accordé à une région si vaste et si peuplée dans mes atlas français.

J'ai longtenps roulé à travers des plaines irriguées par les affluents de l'Indus. Enfin, je suis parvenue à Hyderabad, la ville légendaire dont le Pacha exigeait que les rues, une fois balayées, fûssent aspergées de parfum, chaque matin.

Je me suis installée au premier étage d'un restaurant près du bazaar et j'ai commandé les plats que je voyais sur les tables voisines. Lorsqu'on me les a apportés, un arôme intense s'en dégageait. Comme Marco Polo il y a bien longtemps, j'étais parvenue au royaume des épices.


de gauche à droite en commençant par le haut :

Palak Bahji épinards sautés aux épices
Khira pachchadi concombres dans du yaourt épicé
Chutney 
Chapati
Doh piaza (agneau aux oignons) Recette
Riz basmati aux petits pois

par Fleur de sel publié dans : Le tour du monde
Lundi 6 février 2006
Recette adaptée de "l'art culinaire asiatique" de Charmaine Solomon". Excellent livre  traduit de l'anglais paru en 1980 chez Flammarion

La préparation contient beaucoup d'oignons. En vue d'une parité dans les cuisines, n'hésitez pas à faire participer votre mari. Vous pourriez, à titre d'exemple, lui confier épluchage et tranchage des oignons.
Se voyant enfin associé  à vos travaux culinaires, il ne manquera pas de verser quelques larmes d'émotion...


DOH PIAZA
AGNEAU AUX ÉPICES ET AUX OIGNONS

Pour 8 à 10 personnes:
1,5 kg (3 livres) d'épaule d'agneau ou de mouton
1 kg (2 livres) d'oignons
6 gousses d'ail
1 1/2 cuillère à café de gingembre frais râpé fin
3 cuillères,de yaourt 1 à 2 cuillères de piment en poudre ou plus
 1 cuillère de paprika
3 cuillères de feuilles de coriandre fraîche hachées
2 cuillères de graines de coriandre moulues
2 cuillères à café de graines de nigelle
3 cuillères de ghee
3 cuillères d'huile
8 capsules de cardamome
1 cuillère à café de garam massala
1pomme râpée

Découper la viande en gros cubes. Émincer la moitié des oignons et hacher fin le restant. Mettre les oignons hachés dans un mixeur avec l'ail, le gingembre, le yaourt, le piment en poudre, le paprika, les feuilles de coriandre, les graines de coriandre moulues et les graines de nigelle. Mixer jusqu'à ce que le mélange soit homogène et lisse. Faire chauffer le ghee et l'huile dans une cocotte puis faire dorer les oignons émin­cés en remuant souvent. Réserver. Mettre la viande dans la cocotte par petites quantités et faire bien dorer. La réserver au fur et à mesure. Lorsque toute la viande est revenue, ajouter un peu de ghee dans la cocotte et faire revenir le mélange mixé à feu modéré. Remuer jusqu'à ce qu'il soit bien cuit et que les arômes s'en dégagent. A ce stade, l'huile commence à se séparer des épices. Remettre alors la viande, ajouter les capsules de cardamome, bien mélanger, couvrir et laisser mijoter à feu doux. Remuer de temps en temps. Si le mélange attache, ajouter un peu d'eau, mais généralement le jus dégagé par la viande est suffisant. Lorsqu'elle est tendre et que le liquide est presque complètement absorbé, ajouter le garam massala et les oignons réservés. Remettre le couvercle et laisser encore 15 minutes à feu doux. Servir avec du riz ou des pains indiens
par Emi Taya publié dans : Viandes
Samedi 4 février 2006

En tout et pour tout, il n'y aurait que 700 blogueurs en Iran.


Bloguer est ici chose si sérieuse que pour un blog de travers ou de trop, on se retrouve derrière les barreaux.


Autant dire qu'à Chiraz, je rasais les murs couverts de mosaïques, la tête baissée pour ne pas être dévisagée. Je pensais me cacher dans le sublime Baghé-Eram quand une femme m'a pris le bras et m'a conduite dans le palais le long de longs couloirs.


Nous avons traversé une cour où jasait une fontaine, des jardins embaumés  de roses, monté des escaliers. Enfin nous sommes arrivées dans une pièce haute et claire où une trentaine de femmes grignotaient des pistaches en devisant. Elles ont fait cercle autour de moi, parlant et s'exclamant. L'une touchait mes cheveux, l'autre palpait le tissus de ma robe, toutes me regardaient avec curiosité. La plus jeune a demandé : « Mais comment peut-on être une créature de blog? ».

J'ai dû me présenter, m'expliquer, me justifier.


« Oui, je ne traite que de cuisine. Non, je suis pas censurée. Je pourrais aborder mille et une thématiques, mais mon auteure ne s'intéresse qu'à la gastronomie... Il y a en France deux ou trois fois plus de blogs-cuisine que le nombre total de blogs Iran...


Enhardie, je me suis vantée. «Parfois, j'ai autant de lecteurs qu'il y a de blogueurs en Iran... ». Elles m'ont répliqué : « Lorsque l'une d'entre nous écrit, nous sommes lues et commentées par plusieurs dizaines de milliers de lectrices et de lecteurs! »


Des servantes sont entrées, portant un grand plateau couvert de spécialités dont un magnifique dolme-e beh. Nous avons commencé à déjeuner mais j'avais à peine le temps de prendre une bouchée de temps en temps tant on me pressait de questions.

 

dolme-e beh - coings farcis à l'agneau (cliquez pour la recette) 

Puis elles m'ont donné l'adresse d'un blogueur des plus téméraires, un certain Omar Khayam. Je n'ai pas le temps de le lire en ce moment mais sur leur recommandation, je vous engage à surfer sur son blog. Il est, selon elles, fort bien illustré.

par Fleur de sel publié dans : Le tour du monde
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