Il en va du som tam comme de l'amour. On peut l'aimer plus ou moins pimenté. Mais à défaut de goûter au moins une fois la version originale, on ignorera toujours jusqu'à quels excès de plaisir la passion peut conduire.
A La Rochelle, on ne trouve pas tous les ingrédients nécessaires. Il m'a donc fallu effectuer quelques remplacements. Mais les proportions, les quantités et l'effet produit sont ceux d'un som tam comme on le mange dans tout le Laos, en Thaïlande du nord et dans les restaurants lao un peu partout dans le reste du pays. Pour 4 ou 5 personnes :
- l'ingrédient de base est la papaye verte crue. A défaut, on peut utiliser de la carotte. On trouve aussi de la papaye déshydratée mais le résultat sera beaucoup moins satisfaisant. Le fruit de base vaut par sa fraîcheur, son croquant. Il n'est pas sucré.- haricots verts, on peut expérimenter avec différentes espèces.
- crevettes désséchées (minuscules. On les trouve dans les magasins sino-vietnamiens). Je les oubliées sur cette photo. Un peu de pâte de crevettes désséchées que l'on mélangera à la sauce.
- de petites écrevisses. Je les ai remplacées par des étrilles bien d'ici. Les écrevisses sont plus tendres. On mélange le peu de chair que l'on y trouve avec la papaye et l'on intègre aussi les pinces, dures et craquantes. Au Laos, on aime bien ce qui craque sous la dent.
- 6 gousses d'ail pilé
- de la couenne de porc (vendue dans les magasins asiatiques). Ce sont les petites volutes et boules que l'on voit au bas de l'image.
-- de c à c de sauce de poisson Nam pla ou Nuoc nam
- 1/4 de tasse de jus de tamarin
- du citron vert. 3 ou 4. La salade nage dans ce jus acide. C'est ce qui lui donne son nom. (Som signifie acide, aigre en lao et en thaï)
- deux ou trois petites tomates
- des feuilles. C'est là que le bât blesse en province. Depuis plusieurs jours, je n'en trouve pas chez mes fournisseurs. J'ai remplacé par une feuille dont je ne connais pas le nom botanique mais que mon épicier appelle de la coriandre en feuille - à gauche sur l'image. J'ai rajouté quelques feuilles de laitue.
- Les piments. Ils ne sont pas là pour la décoration. Chaque personne en consomme 4 ou 5 en moyenne. Même avec un serieux entraînement, l'effet est intense. La douleur provoquée est intimement mélée au plaisir et entraîne ensuite une satisfaction intense.
En l'absence d'entraînement et d'accoutumance, on recherchera un piment très odorant et on en coupera quelques lamelles minuscules. On obtiendra ainsi une touche fragrante et de minuscules ondes du plaisir dont je parle.
Le som tam s'accompage de riz laotien. On l'appelle à tort riz glutineux bien qu'il ne contienne pas de gluten. J'en reparlerai bientôt.

Quelle étrange journée! Quel étrange pays! Quelles singulières coutumes!
Je me suis réveillée avant l'aube à cause d'un homme qui chantait. Peu à peu j'ai aperçu les plis de la moustiquaire puis les contours de la pièce. Mes muscles étaient encore douloureux après une journée entière en land-rover.
A ma droite, il y a eu un mouvement. C'est vrai, je partageais cette chambre avec l'une des filles de la maison. Elle avait les yeux grands ouverts. C'est pour elle que l'on chantait. La mélodie était tantôt gaie et même drôle, parfois mélancolique ou langoureuse, avec des consonnes roucoulées et de longues voyelles dont le timbre fléchissait tout à coup.
Les coqs se sont mêlés au chant, puis les oiseaux. J'ai entendu des animaux remuer sous le plancher et je me suis souvenue que la case était sur pilotis. Enfin, un rayon de soleil s'est inséré entre les lattes de la cloison et tout le monde s'est levé.
Après avoir mangé le riz du petit déjeuner, ma compagne de chambre a été habillée, coiffée, parée par sa mère et sa soeur aînée. Elle était magnifique avec sa robe noire, ses jupons multicolores superposés, sa coiffe savamment nouée. Nous l'avons accompagnée sur la place du village. Elle a rejoint une rangée de filles qui se tenaient là face à une rangée de garçons. Sans doute formait-elle un couple avec le chanteur du matin. Ils se regardaient avec sérieux et intensité et ils ont commencé à se lancer une balle. Ils y sont resté plusieurs heures. On m'a expliqué qu'ils se faisaient la cour.
Cela m'a fait beaucoup réfléchir. Emi et Balthazar sont très proches, un coup d'oeil suffit pour le comprendre. Mais ce qu'ils disent de leur union est complètement différent. Pour Emi, l'amour est un sentiment tout simple dont le cadre naturel est le mariage. Au contraire, Balthazar répète souvent qu'il s'agit d'un concept moderne (je n'ai jamais compris ce qu'il entendait par là). Ce serait un précipité de désir, d'hypnotisme, de besoin de se tenir chaud et de se prodiguer des caresses, une sorte de crème chantilly qui apparaîtrait pour peu que l'on mette ensemble les bons ingrédients, à la bonne température et que l'on remue vigoureusement. Mais à la différence des crèmes ou des omelettes, les ingrédients de l'amour se sépareraient et reprendraient leur état primitif en peu de temps pour peu qu'on cesse de les agiter.
D'après mes lectures dans les blogs, Balthazar a tort. La plupart des auteures pensent comme Emi. J'ai décidé de leur faire confiance et d'essayer de repérer mon futur prince. Il n'était pas parmi les joueurs de balle que j'observais ce matin.
En fin d'après-midi, un villageois m'a enmenée dans la vallée. Je suis maintenant confortablement installée à Luang Prabang. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si j'avais sauté le repas du soir!
J'avais aperçu le restaurant de ma chambre d'hôtel. Des serveurs courraient entre les tables, apportant assiettes, verres et couverts, serviettes, bouteilles, soupières fumantes, plats de viande, paniers pleins de riz, corbeilles débordant de feuilles fraîches...
C'était bondé, mais dans un coin il restait une table assez grande, peut-être réservée aux étrangers puisque le jeune homme qui en occupait l'autre bout ne semblait pas laotien. Il paraissait absorbé par le spectacle de la salle pourtant, dès que je détournais les yeux, son regard venait se poser sur moi.
J'ai commandé du riz et une sorte de grande salade de crudités que j'avais vue sur plusieurs tables. Pour mon malheur, on me l'a apportée.
J'avalai, je rougis, je pâlis à ce goût, un trouble s'éleva dans ma bouche éperdue, mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler; je sentis tout mon corps et transir et brûler, je reconnus le piment et ses feux redoutables.
Som tam - salade de payaye verte J'avais la bouche en feu, les yeux exorbités. J'ai cru que ma tête doublait puis triplait de volumes. Mais je ne pouvais cesser de renouveler l'expérience et sitôt avalée, je reprenais une bouchée incandessante. Mes larmes coulaient et tombaient dans l'assiette. Mais c'étaient des larmes de plaisir.
C'est Vénus toute entière à sa proie attachée"
Pour lire ses aventures depuis le début, cliquez ici
La traversée a été longue mais facile, vent arrière tout le long. La nuit, enveloppée dans un sari, j'ai admiré le ciel plein d'étoiles. Un jour et une autre nuit ont passé. Notre voile n'a pas cessé d'être tendue et de tirer la coque vers l'avant. Au deuxième matin, nous sommes arrivés en vue de Sittwe.Un temple doré étincelait sur une colline. Il dominait l'embouchure d'un fleuve où se pressaient des barques de pêcheurs. C'était le port.
Je venais de mettre pied à terre lorsque j'ai été abordée par deux hommes, l'un en civil, l'autre serré dans un uniforme kaki. Ils m'ont conduite dans un bâtiment grisâtre et ont contrôlé mes papiers. Je pensais pouvoir repartir, mais ils ont continué sur le ton de la conversation : « d'où venez-vous, où allez-vous, avez-vous des amis ici, non? Des contacts alors?. Pourquoi passez-vous par Sittwe? » Ils paraissaient intéressés par mes réponses. Ensuite, ils m'ont poliment demandé l'autorisation de fouiller mon sac. Evidemment, ils ont remarqué les images qu'on m'avait confié à Puri. Etalées sur la table, elles formaient un ensemble incongru. Moi aussi je considérais pour la première fois ces photographies. Il y avait une aile, un nid, une baie, un noeud, une portée de musique qui semblait représenter un air, une taie et un nez.
« Ce sont mes porte-bonheur » ai-je dit. « L'aile protège mon voyage, le nid est celui que j'ai quitté, la baie garantit que j'aurais toujours à manger... » Je ne sais plus ce que j'ai bredouillé pour la taie mais j'ai conclu que le nez était essentiel dans mes activités culinaires. « Sans nez, sans flair, pas de gastronomie ». Ils écoutaient mes explications mais courtoisement m'en demandaient toujours de nouvelles. Visiblement, ils avaient tout leur temps. Dehors, on apercevait les palmes d'un cocotier et le bruit du port entrait par les fenêtres. On m'a apporté un verre de thé froid et ils m'ont questionné sur Emi et Balthazar, sur mes amis et fréquentations, sur mes passe-temps. Je leur ai parlé du blog.
L'homme en uniforme s'est assis devant l'ordinateur, dans le coin de la pièce. Il a commencé à taper du même air appliqué que les policiers dans nos commissariats en France, avec les deux index.
Heureusement qu'ils ne comprenaient pas le français. Ils s'intéressaient donc surtout aux photos et regardaient avec les plats d'Emi, souvent avec étonnement, parfois avec envie. On était déjà l'après-midi et moi qui n'avait pris ni petit-déjeuner ni déjeuner, mon estomac se serrait à revoir le boudin aux deux pommes, la daurade grillée à la sauce de soja, les shumai de champignons ou même le quignon de sarmentine sur lequel avait porté le premier article du blog.
Ils ont entrepris l'examen des liens un à un. Pourquoi les propos de « menus propos » étaient-ils menus? Quelles étaient les activités de ces gens « Un dimanche à la campagne »? Pendant leurs conciliabules en birman, je mijotais à petit feu. Puis ils me remettaient sur le grill. Il était environ 4 heures de l'après-midi, ils ont commencé à aller sur les blogs des personnes qui m'honorent de leurs commentaires. Heureusement, il n'y en a pas beaucoup. Ils se sont intéressés à Babeth : le point de croix avait une signification religieuse? «Les petites choses de la vie » comprenaient-elles la politique ? Etc, etc...
Ce n'était toujours pas terminé. L'homme en uniforme a tapé « Fleur de sel + Voltaire », « Fleur de sel + Sartre » sur Google, mais sans résultat. Ce sont des blogs que je ne fréquente pas.
Le crépuscule a envahi la pièce. Ils ont rangé leurs affaires et m'ont emmenée dans un hôtel et j'ai été courtoisement enfermée dans une chambre. Le matin suivant, retour dans le bâtiment gris. On me servait des verres d'un café très clair et très sucré. Des questions, encore des questions. Ils semblaient vouloir achever une routine.
Vers midi, j'ai bien vu qu'ils avaient faim. La conversation a encore un peu traîné puis ils m'ont déposée au centre ville. « Nous sommes ravis d'avoir fait votre connaissance. Bonne continuation de voyage au Myanmar » Ils se sont dirigés vers un restaurant et y ont disparu.
J'ai continué d'un pas nerveux sur la même rue. Un peu de crainte et surtout toute l'excitation de tous les cafés sucrés bus pendant la matinée.
Une land-rover verte a ralenti. J'ai entendu "Aung San Suu Ky" murmuré d'une voie douce. La portière s'est ouverte.
Nous avons roulé vers le nord-est pendant des heures, d'abord dans de grandes plaines fertiles pontuées de statues et de stupas, puis à travers les bois et les collines. Tard dans la nuit, nous nous sommes arrêtés. On m'a offert du riz, des crevettes sautées, un grand plat de légumes, une soupe au goût très prononcé. On m'a beaucoup remercié pour les images. Elles seraient destinées à une sorte d'héroïne nationale, de surcroît lauréate d'un concours suédois.
Pour la distraire d'une captivité interminable, on lui transmettait des rébus qu'elle s'empressait de déchiffrer et qui lui témoignaient que le monde extérieur ne l'oubliait pas.
Gemüse Meme – Meme légumes
Ein Stäbschen von Foodfreak wurde mir über Chili & Ciabata, Wie Gott in Franckreich übereicht. Brot und Rosen , Küchenlatein und Kochfrosch haben bis jetzt auch mitgemacht auf andere Wege.
-
Magst Du Gemüse?
Leidenschaftlich. Wenn es Gemüse gibt habe ich ein « Satt "Gefühl . Es ist mir passiert bei Leute eingeladen zu sein die fast nur Fleich essen und wo auf dem Teller nur ein winziges Stück Gemüse gab. Furchbares Gefühl. Sobald zu Hause hab ich gleich zum kochen angefangen.
-
Hast Du ein Lieblingsgemüse?
Nein. Aber es muss ganz frisch sein, es sollte « organisch » aufgewachsen sein und es muss unbedingt von der genaue Jahreszeit sein. Natürlich kommt es vor das ich für den Blog Tomaten im Winter benütze oder Kohl im Sommer. Da meine kleine Blog Kreatur « Fleur de sel » zur Zeit auf eine Weltreise wandert und da die Emi die verschiedene Rezepte back home kochen muss muss ich schon abundzu Auberginen oder Peperoni benützen.
Obwohl ich keine Lieblingsgemüse habe könnte ich mich im Frühling mit Spargeln krank essen, und im Sommer es ich jeden Morgen Tomaten mit geröstetem Brot als Frühstück
-
Gibt es ein Gemüse, von dem Du denkst (oder weißt), daß viele Leute es nicht mögen, aber Du selbst findest es ganz toll? Warum?
z.b. Okro. Viele Leute haben es ungern ist weil es schleimig ist. Wenn Gemüse eine starke Eigenschaft haben wie z.b. der Geruch bei Fenchel, dan haben Leute wahrscheinlich mehr Hemmungen. Mein Mann ist keine Rote Rüben wegen dem blutigen Saft.
-
Gibt es ein Gemüse, von dem Du denkst (oder weißt), daß es viele Leute ganz toll finden, aus dem Du selbst Dir aber nicht viel machst? Welche Erfahrungen hast Du damit gemacht?
Nein
-
Welche Gemüsesorten sind für Dich ungewöhnlich?
<>Da müsste man zuerst genau sagen wo der Unterschied zwischen Gemüse, Obst und Blumen. Tomaten sind in manchen Länder als Früchte betrachtet. Die riesige Bananen Blumen werden wie Gemüse gekocht und schmecken wie Artichoken, eine ander Blume...
Also, wenn ich Bücher von Michel Bras oder von Marc Veyrat lese muss ich gestehen das es viele Pflanzen (Gemüse?) gibt die ich noch nicht kenne. Die sieht man aber auf keinem Markt
-
Nenne ein paar Gemüse, die Du häufig zubereitest / isst.
Obwohl ich keine Lieblingsgemüse habe könnte ich mich im Frühling mit Spargeln krank essen, und im Sommer es ich jeden Morgen Tomaten mit geröstetem Brot als Frühstück.
-
Welche/s Gemüse möchtest Du genauer kennenlernen und mehr in der Küche einsetzen?
Die jenige die Bras oder Veyrat benützen. Da müsste ich aber ein paar hunderte km fahren um sie kenne zu sammeln.
-
Ein paar Gedanken über Gemüse.
Das wort Gemüse scheint mir sehr abstrakt. Es gibt hunderte Sorten Tomaten oder Kürbisse, alle mit ganz verschiedene Geschmacke und Texturen. Man sollte Gemüse wie Wein betrachten. Tausende von Gefühle die nur durch Achten und Training entdeckt werden können.
Das wichtigste : « Saison und Terroir ». Leider kann ich das nicht auf Deutsch übersetzen.
-
Nenne ein tolles Gemüsekochbuch
« La nature dans l'assiette » von Georges Blanc habe ich viel benützt. Aber mit alles was man auf Internet finden kann ist es jetzt veraltet.
Obwohl es nicht Kochbuch gennant werden kann und es nicht immer appetitlich aussieht schaue ich auch manchmal in « Bush Food » von Jennifer Issacs herein. Da geht es um was die Einheimsichen in Australia essen. Da kann man über eine ganz andere Welt und verschiedenes Leben traümen.
Darf ich das Stäbschen an Kafka na praia und Astrid weiter leiten?
Pour tempérer une inquiétude sourde, j'ai préparé un grand repas birman.
Oui, je m'inquiète. Fleur de sel a quelque chose de cristallin qui lui donne ce caractère un peu abrasif mais éclatant. Seul le climat sec et ensoleillé de Charente Maritime lui convient vraiment. Elle n'est jamais aussi belle et exaltée que lorsque nous nous promenons dans les grandes salines de notre village ou de la pointe de l'île de Ré.
Par dessus tout, je crains les voyages en mer qui risquent de l'entraîner vers une vie dissolue. Je crains aussi pour elle les climats de mousson qui pourraient la détremper et l'émousser.
Enfin bon, je vais vous présenter les plats que j'ai retenus.
C'est une palette de goûts typiques qui risquent de déconcerter mes lecteurs français s'ils sont gênés par le goût de la pâte de crevettes. C'est le prix de l'authenticité. On pourrait supprimer cette pâte mais alors il ne resterait que l'acidité du citron et la fadeur des chayottes.
Autre détail fondamental, il faut choisir un riz léger.


Comment ciseler les chayottes
Ingrédients indispensables pour obtenir un goùt authentique


Soupe de chayottes
Brochettes de crevettes


Comment ciseler les légumes
Légumes croquants, rapidement sautés juste avant de servir
Chez moi, on s'est régalé. Je vous souhaite aussi un très bon appétit en ce samedi matin.
| Résumé des chapitres précédents : Fleur de sel, très jeune créature de blog, s'est échappée des routines familiales. Chaque matin, elle se lève, regarde le soleil levant puis se met en route, toujours plus à l'est... Pour lire ses aventures depuis le début, cliquez ici |



