A peine installée sur la banquette, 5 autres femmes sont entrées dans le compartiment.. Un contrôleur est passé et a examiné les billets. « But you did not have to pay! Blog Creatures can travel free in India! », s'est-il exclamé. Mon anonymat percé, j'ai été criblée de questions par mes compagnes de voyage.
« Are you married? » (Il faudrait mettre 5 ou 6 R pour exprimer la manière dont elles roulent ce son du bout de la langue)
« Who will choose your husband? Your parents or yourself? »
Elles ne se contentaient d'aucune réponse, me relançant sans cesse.
« But why do you not write about finding a husband instead of concentrating on cooking? »
« How much do you earn when you write ». A ma réponse, elles m'ont regardé avec incrédulité puis elles ont éclaté de rire. J'écrivais sans en retirer aucun profit!
« But why do you waste your time writing then? »
J'ai parlé de nos traditions en France. Les personnes qui lisent mon blog sont comme celles qui fréquentaient les salons au XVIIIème. On rencontre des gens intéressants, on crée de la conversation, on s'épanouit en société.
Elles ont continué à rire, d'un rire d'incompréhension. J'ai cité la grande Sei Shonagon - mère de toute femme qui souhaite écrire - la contesse de Die, Louise Labbé et d'autres... Rien ni personne ne pouvait entamer leur refus.
Alors, j'ai formulé un exemple qui me trotte dans la tête depuis quelques temps.
« Moi et les autres blogueuses, nous sommes comme des copines à l'école. Le matin, j'arrive, j'embrasse celles de mon groupe. Je regarde leur robe, elles me montrent la leur. Je leur prête mes brachelets, elles me font essayer leur foulard. Nous échangeons nos goûters et il y en a toujours une pour proposer un nouveau jeu...Il y a des grandes que tout le monde respecte et à qui on fait la cour, il y a celles qui vous snobent et celles à qui l'on confie les secrets les plus secrets »
Cette fois-ci, j'avais touché. Elles aussi, elles avaient connu ces moments, elles s'étaient tiré les nattes, avaient joué à colin-maillard et avaient échangé des bijoux.
Elles se sont rapprochées et ont partagé avec moi leurs provisions.

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