
Ah! le joli petit sentier qui serpente dans la forêt pleine de ténèbres...
La température est glaciale. Un renard glapit au loin. Tu trembles de froid et de peur.
Enfin te voici dans une clairière. Elle a un air vaguement familier.
Un petit sentier part vers la gauche, un autre s'engage à droite.

Ah! ce méchant remords qui te taraude tandis que tu reviens vers la dépouille du petit ogre.
Tu essaies de creuser une tombe à l'aide d'une branche. C'est difficile, la terre est toute gelée. Tout à coup tu heurtes quelque chose de métallique. Tu finis par dégager un énorme coffre cerclé de cuivre. Grâce au couteau emprumté à l'ogre, tu parviens à faire sauter la serrure.
Le contenu du coffre t'éblouit.
Tu viens de trouver le trésor de l'ogre. Voilà des centaines d'années que l'ogre dépouillait les passants qui avaient eu le malheur de s'engager sur ce chemin.
C'est bien fait pour l'affeux ogre.
Tu es riche. Fini les privations et les mesquineries. Plus jamais tu ne devras flatter la puissants de ce monde. Procéde vite aux achats nécessaires pour faire paraître ta nouvelle condition.
Tu t'enfonces dans la forêt en direction du plus proche concessionnaire Ferrari

Ah! le vaste chalet du Père Noël perdu dans la grande forêt ténébreuse :
A l'intérieur, il y a des hommes et des femmes, tous de blanc vêtus. Chacun porte un petit soleil autour du cou.
A votre arrivée, ils se prosternent et profèrent : « Bienvenue, O! grand Maître!»
Un brin d'inquiétude se faufile en toi mais tu n'en laisses rien paraître. Le « Père Noël » t'emmène vers la salle de bain.
Il prie, et tout en priant te tord le cou, te couche dans la baignoire et allume sur ta dépouille mortelle de petits bâtonnets d'encens.
Tu ne fais plus qu'un avec Mère Nature et le Grand Tout. Grâce à ton Karma pur et sans souillure, tu renais illico sous une forme humaine.
Tu mènes une vie insouciante et agréable jusqu'au jour où tu te retrouves dans un endroit fort étrange et vaguement connu...

Ah! la jolie petite cabanne en Lebkuchen qui disparaît dans la brume.
Les doigts de pieds tout recroquevillés de froid, tu poursuis ton chemin.
Tu marches, tu marches tant que tu attrapes des engelures.
Enfin, te voici à la lisière d'une clairière. Elle ressemble à n'importe quelle autre clairière.
Un petit sentier part à gauche, un autre s'engage à droite.

Tu attrapes ton micro et te rapproches de l'ours :
Babines retroussées, canines à l'air, il se précipite sur toi.
Tu l'interpelles : « Tu'm kif pas à donf? Pas la peine d'êt' vénère !»
L'ours s'arrête, dodeline du chef puis s'éloigne à reculons sans te perdre de vue. Trop c'est trop...
Tu t'en es tiré à bon compte. Poursuis ta route, poursuis ton chemin...

Tu arrives un étang gelé. Sept oies blanches accroupies en cercle y cacardent. Elles t'interpellent : « Donne à chacune d'entre nous un baiser. Alors nous reprendrons notre vie, nous pauvres jeunes pensionnaires suédoises victimes d'une charme! »
Serviable et philantrope, tu t'inclines vers la première oie et tu lui donnes un baiser sur le bec.
Ou bien :
Tu ne t'en laisses pas raconter, tu leur lances un croûton de pain et tu continues sur le sentier.



