Mardi 14 février 2006

 




Jeder Mensch hat wahrscheinlisch seine eigene Vorstellung über was Liebe ist oder sein sollte.


Der Eine behauptet es sollte süss wie Schokolade sein, oder sanft wie Kuchen, der andere glaubt es müsste wie ein grosser Teller aussehen, voll mit Fleich, Gemüse, Kartoffeln und Spätzle. Einige denken es hätte viel mit Geld zu tun genau wie Gastronomie mit Kaviar, Hummer und Trüffeln flirtet. Manche sagen man braucht die Liebe nur anzuschauen genauso wie der Kunst Liebahaber ein Stilles Leben mit Pfirsige und Äpfel im Museum betrachtet.


Vor kurzem hat mir jemand dies geschrieben. « Diejenige die noch nie Som tam probiert haben wissen nicht mehr über Essenerfahrung als ein knädiges Fraülein die von der Liebe nur den Handkuss kennt ».

 


Also wie wird ein Som tam vorbereitet? Auf dem Bild sieht man die Zutaten.


In der Mitte grüne Papaya. Könnte mit Karotten ersetzt werden.

Die kleine Krebse sollten eigentlich Bach Krebse sein, oder Fisch. Dazu noch getrocknete Shrimps.

Knoblauch zehen, mindestens eine per Person.

5 oder 6 Zitronnen Saft + ¼ Thee Tasse Tamarind + 2 TL fishsauce (Nahm Plaa)

Verschiedene Blätter. In Nord Europa könnte man Sauerrampfer benützen, oder auch wilder Spinat

Das wichtigste : mindestens ein oder zwei Chilischotten per Person. Die muss man dan auch essen und nicht sorgfältig auf den Tischrand legen. Ja, man kann das essen.



Und jetzt die aktuelle Erfahrung? Es brennt, nicht wie ein starker Schnaps, nicht wie 100 gr Pfeffer. Nein, es ist wie wenn man einem den Gaumen ausreissen würde. Die Augen überschwämmen, der Kopf wird 2 oder 3 mal dicker, das Blut springt bis in die Zähen und jedes Körperglied fühlt munter und stark. Tja, so ist es! Nach längerem Training habe ich es probiert. Toll.


Ist es für St-Valentin gut geeignet? Das müssen sie mir schreiben.

Mardi 14 février 2006
La gastronomie sans le som tam, c'est l'amour limité aux préludes.

Il en va du som tam comme de l'amour. On peut l'aimer plus ou moins pimenté. Mais à défaut de goûter au moins une fois la version originale, on ignorera toujours jusqu'à quels excès de plaisir la passion peut conduire.

A La Rochelle, on ne trouve pas tous les ingrédients nécessaires. Il m'a donc fallu effectuer quelques remplacements. Mais les proportions, les quantités et l'effet produit sont ceux d'un som tam comme on le mange dans tout le Laos, en Thaïlande du nord et dans les restaurants lao un peu partout dans le reste du pays. Pour 4 ou 5 personnes :

- l'ingrédient de base est la papaye verte crue. A défaut, on peut utiliser de la carotte. On trouve aussi de la papaye déshydratée mais le résultat sera beaucoup moins satisfaisant. Le fruit de base vaut par sa fraîcheur, son croquant. Il n'est pas sucré.
- haricots verts, on peut expérimenter avec différentes espèces.
- crevettes désséchées (minuscules. On les trouve dans les magasins sino-vietnamiens). Je les oubliées sur cette photo. Un peu de pâte de crevettes désséchées que l'on mélangera à la sauce.
- de petites écrevisses. Je les ai remplacées par des étrilles bien d'ici. Les écrevisses sont plus tendres. On mélange le peu de chair que l'on y trouve avec la papaye et l'on intègre aussi les pinces, dures et craquantes. Au Laos, on aime bien ce qui craque sous la dent.
- 6 gousses d'ail pilé
- de la couenne de porc (vendue dans les magasins asiatiques). Ce sont les petites volutes et boules que l'on voit au bas de l'image.
-- de c à c de sauce de poisson Nam pla ou Nuoc nam
-
1/4 de tasse de jus de tamarin

- du citron vert. 3 ou 4.  La salade nage dans ce jus acide. C'est ce qui lui donne son nom. (Som signifie acide, aigre en lao et en thaï)
- deux ou trois petites tomates
- des feuilles. C'est là que le bât blesse en province. Depuis plusieurs jours, je n'en trouve pas chez mes fournisseurs. J'ai remplacé par une feuille dont je ne connais pas le nom botanique mais que mon épicier appelle de la coriandre en feuille - à gauche sur l'image. J'ai rajouté quelques feuilles de laitue.
- Les piments. Ils ne sont pas là pour la décoration. Chaque personne en  consomme 4 ou 5 en moyenne. Même avec un serieux entraînement, l'effet est intense. La douleur provoquée est intimement mélée au plaisir et entraîne ensuite une satisfaction intense.


En l'absence d'entraînement et d'accoutumance, on recherchera un piment très odorant et on en coupera quelques lamelles minuscules. On obtiendra ainsi une touche fragrante et de minuscules ondes du plaisir dont je parle.

Le som tam s'accompage de riz laotien. On l'appelle à tort riz glutineux bien qu'il ne contienne pas de gluten. J'en reparlerai bientôt.

par Emi Taya publié dans : Salades
Mardi 14 février 2006


Quelle étrange journée! Quel étrange pays! Quelles singulières coutumes!


Je me suis réveillée avant l'aube à cause d'un homme qui chantait. Peu à peu j'ai aperçu les plis de la moustiquaire puis les contours de la pièce. Mes muscles étaient encore douloureux après une journée entière en land-rover.


A ma droite, il y a eu un mouvement. C'est vrai, je partageais cette chambre avec l'une des filles de la maison. Elle avait les yeux grands ouverts. C'est pour elle que l'on chantait. La mélodie était tantôt gaie et même drôle, parfois mélancolique ou langoureuse, avec des consonnes roucoulées et de longues voyelles dont le timbre fléchissait tout à coup.


Les coqs se sont mêlés au chant, puis les oiseaux. J'ai entendu des animaux remuer sous le plancher et je me suis souvenue que la case était sur pilotis. Enfin, un rayon de soleil s'est inséré entre les lattes de la cloison et tout le monde s'est levé.


Après avoir mangé le riz du petit déjeuner, ma compagne de chambre a été habillée, coiffée, parée par sa mère et sa soeur aînée. Elle était magnifique avec sa robe noire, ses jupons multicolores superposés, sa coiffe savamment nouée. Nous l'avons accompagnée sur la place du village. Elle a rejoint une rangée de filles qui se tenaient là face à une rangée de garçons. Sans doute formait-elle un couple avec le chanteur du matin. Ils se regardaient avec sérieux et intensité et ils ont commencé à se lancer une balle. Ils y sont resté plusieurs heures. On m'a expliqué qu'ils se faisaient la cour.


Cela m'a fait beaucoup réfléchir. Emi et Balthazar sont très proches, un coup d'oeil suffit pour le comprendre. Mais ce qu'ils disent de leur union est complètement différent. Pour Emi, l'amour est un sentiment tout simple dont le cadre naturel est le mariage. Au contraire, Balthazar répète souvent qu'il s'agit d'un concept moderne (je n'ai jamais compris ce qu'il entendait par là). Ce serait un précipité de désir, d'hypnotisme, de besoin de se tenir chaud et de se prodiguer des caresses, une sorte de crème chantilly qui apparaîtrait pour peu que l'on mette ensemble les bons ingrédients, à la bonne température et que l'on remue vigoureusement. Mais à la différence des crèmes ou des omelettes, les ingrédients de l'amour se sépareraient et reprendraient leur état primitif en peu de temps pour peu qu'on cesse de les agiter.


D'après mes lectures dans les blogs, Balthazar a tort. La plupart des auteures pensent comme Emi. J'ai décidé de leur faire confiance et d'essayer de repérer mon futur prince. Il n'était pas parmi les joueurs de balle que j'observais ce matin.


En fin d'après-midi, un villageois m'a enmenée dans la vallée. Je suis maintenant confortablement installée à Luang Prabang. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si j'avais sauté le repas du soir!



J'avais aperçu le restaurant de ma chambre d'hôtel. Des serveurs courraient entre les tables, apportant assiettes, verres et couverts, serviettes, bouteilles, soupières fumantes, plats de viande, paniers pleins de riz, corbeilles débordant de feuilles fraîches...


C'était bondé, mais dans un coin il restait une table assez grande, peut-être réservée aux étrangers puisque le jeune homme qui en occupait l'autre bout ne semblait pas laotien. Il paraissait absorbé par le spectacle de la salle pourtant, dès que je détournais les yeux, son regard venait se poser sur moi.


J'ai commandé du riz et une sorte de grande salade de crudités que j'avais vue sur plusieurs tables. Pour mon malheur, on me l'a apportée.


J'avalai, je rougis, je pâlis à ce goût, un trouble s'éleva dans ma bouche éperdue, mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler; je sentis tout mon corps et transir et brûler, je reconnus le piment et ses feux redoutables.

Som tam - salade de payaye verte

J'avais la bouche en feu, les yeux exorbités. J'ai cru que ma tête doublait puis triplait de volumes. Mais je ne pouvais cesser de renouveler l'expérience et sitôt avalée, je reprenais une bouchée incandessante. Mes larmes coulaient et tombaient dans l'assiette. Mais c'étaient des larmes de plaisir.

"Ce n'est plus une ardeur dans mes veines cachées
C'est Vénus toute entière à sa proie attachée"



Résumé des chapitres précédents : Fleur de sel, très jeune créature de blog, s'est échappée des routines familiales. Chaque matin, elle se lève, regarde le soleil levant puis se met en route, toujours plus à l'est...
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par Fleur de sel publié dans : Le tour du monde
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