Révélations 3 - l'âge adulte

Publié le par Emi Taya

Suite et presque fin


Tout comme certains aiment habiller les autres, les coiffer, les maquiller, construire des maisons pour eux, mon plaisir à moi est de nourrir les gens. Ma mémoire note aisément  les détails d'une préparation ainsi que les goûts de chacun de mes convives. Les amis qui nous rendent visite après une longue absence s'étonnent que je n'aie rien oublié de leurs préférences ni de leurs tabous alimentaires.


Il m'est arrivé de préparer des repas pour une centaine de personne simultanément. Mon mari était mécontent des services de restauration dans son entreprise. Plusieurs prestataires s'étaient déjà succédés et chaque fois c'était la même histoire. Après des débuts satisfaisants, la qualité baissait très vite face à cette clientèle « captive ». Ni les conseils ni les pressions n'aboutissaient. En désespoir de cause, mon mari a sollicité mon aide pour essayer de comprendre s'il était possible d'offrir des repas simples - mais frais et savoureux - dans la gamme de prix pratiqués. C'est ainsi que pendant 6 mois, j'ai cuisiné de l'aurore au crépuscule pour la grande satisfaction de tout le monde. La démonstration ainsi faite, un autre prestataire a été engagé, à qui j'ai livré toutes mes observations. Mais on est immédiatement retombé dans les mêmes ornières. Quand la restauration n'est pas une passion, c'est un métier vraiment exigeant pour ceux qui l'exercent..



Une chose m'est restée de cette période. Une grande sensibilité à la météo. J'ai la prétention de pouvoir prédire le menu le plus adapté en fonction du temps, froid ou chaud, ensoleillé, pluvieux ou brumeux...


Grâce à cette expérience, je suis entrée dans les coulisses d'une activité dont je ne connaissais que les bons côtés, assise dans la salle des restaurants. J'ai fréquenté les grossistes réservés aux professionnels et j'ai été effarée de voir à quel point les restaurants sont influencés par ces magasins. Partout en France, on trouve maintenant une cuisine « Métro » : mêmes fonds de sauce, mêmes approvisionnements en viandes, poissons, légumes, fruits, épices. Seules les désignations longues et nobles qui enjolivent les cartes masquent encore l'uniformisation des saveurs. Ces ravages se font sentir même dans les villes les plus reculées de la Creuse ou de l'Ardèche!



Mon plus grand plaisir, c'est un tour au marché. Tous les sens y sont sollicités en permanence c'est une des atmosphères les plus paisibles et conviviales que je connaisse. J'y apprends des recettes en écoutant les clients et les vendeurs. C'est là que j'imagine les plats que je vais cuisiner.


 
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Publié dans Meme - Blogomania & Co

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