Lundi 16 janvier 2006

Avant-hier, c'était une de ces belles journées d'hiver très lumineuse. Pourtant vers le soir l'atmosphère est devenue électrique à la maison. Fleur de sel, la petite créature que j'ai lancée dans la blogosphère il y a six mois, ma petite Fleur de sel était en pleine révolte.

« Je n'en peux plus de vivre dans ce blog étroit et mal fichu, j'en ai marre, tout ça est complètement nul »

On avait déjà eu quelques accrochages ces derniers temps. Moi, j'essayais de la débarasser d'une fantaisie trop débridée, je voulais la canaliser vers un blog mieux formaté, plus respectueux des normes de la culinosphère. Je pensais y être parvenue. Elle s'est très bien tenue pendant toutes les fêtes; elle avait mis de côté ses moqueries, ses divagations. Mais le feu continuait à couver.

Ce qui m'a le plus ennuyé, c'est l'intervention de mon mari. D'habitude il se cantonne au jardinage et à quelques travaux d'écriture. Au lieu de cela, il a donné raison à Fleur de sel, soutenant qu'elle avait tout à fait le droit d'avoir un avis différent du mien.

C'est à ce moment que tout a basculé. J'ai traité Fleur de sel d'ingrate, je lui ai rappelé qu'elle me devait le jour et donc respect et obéissance, qu'il était hors de question qu'elle régente ma vie et mon blog. De son côté, elle m'a accusée d'être devenue une obsédée du blogrank prête à tout pour un petit point supplémentaire, une pauvre blogomaniaque qui se fichait complètement de son épanouissement à elle, que je l'obligeais tout le temps à participer à des concours qui ne l'intéressait pas du tout. En plus, que je n'en avais plus que pour mon blog japonais et que je la délaissais de plus en plus.

Je n'ai pas su manoeuvrer. J'ai oublié comment on réagit face à une adolescente. Perdant mon calme oriental je lui ai jeté que si elle n'était pas contente, elle n'avait qu'à voir ailleurs si l'herbe y était plus verte.

Avec une insolence nouvelle, elle a répliqué que dans ces conditions, elle quittait la maison et qu'on ne la reverrait pas jusqu'au jour où elle aurait envie d'y revenir.

Dimanche matin, elle n'était plus là. Un petit mot sur la table de la cuisine indiquait qu'elle enverrait chaque jour une photo et un texte, mais qu'elle préférait que ce soit mon mari qui les mette en ligne!

J'étais ulcérée. J'ai dit à mon mari que tout était de sa faute, qu'il avait toujours été trop indulgent avec elle et que dans ces conditions, il n'avait qu'à continuer à s'occuper de tout au lieu de se contenter de seulement corriger les articles.

Nous en sommes là, moi non plus je ne céderai pas. Je continuerai à vous lire sur vos blogs mais pour l'instant je confie les rênes de celui-ci à mon mari. On verra bien qui rira la dernière.

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