Je suis encore à Luang Prabang et j'ai l'intention d'en visiter chaque musée et chaque restaurant. Dans les temples, l'or brille partout : sur les corniches des toits et les caissons des plafonds, sur les clochettes qui tintent dans la brise, sur les fresques et les bas-reliefs. Au fond des pagodes, des milliers de feuilles d'or frissonnent sur les bouddhas, entre les bougies qui vacillent dans l'ombre.
C'est fou ce qu'on peut se rencontrer dans une petite ville. Ce matin, il n'y avait qu'un seul client dans la salle des petits déjeuners. Il me semble que c'était le même que celui qui dînait à ma table hier soir. Et bien, imaginez-vous que je l'ai encore revu trois autres fois pendant la journée.
La première fois, jil était assis dans le jardin d'un temple, en grande conversation avec un bonze. En fin de matinée, je l'ai croisé dans la rue principale. Peu avant le crépuscule, au bord du fleuve, je l'ai observé alors qu'il photographiait les reflets du soleil couchant sur l'or des longues pirogues royales. Il ne m'a pas vue.
Et puis tout à l'heure, il est revenu au même restaurant mais il est arrivé après moi. Comme moi, il a commandé « laab muu », une salade tiède de porc à la citronelle. C'était aussi pimenté que le premier soir et à nouveau, à travers mes yeux brouillés de larmes, j'observais son regard mystérieux et plein de charme revenir traitreusement sur moi dès que je regardais la salle.
Pour lire ses aventures depuis le début, cliquez ici



