Nous nous sommes rencontrés dans le restaurant, peu avant midi. La patronne a tout de suite apporté quelques bières bien fraîches, de la marque que Nigel représente ici, et quelques Singha pour le taquiner. Francesco s'est placé à ma droite, Nigel a tiré sa chaise autant que possible vers la mienne pour être juste à ma gauche. Quand les deux garçons se parlaient, c'était par dessus ma-tête, sans se regarder, en général en anglais, parfois en thaï. Comme je m'étonnais que Franceso parle le thaï aussi couramment que le lao, Nigel a vite dit que c'était la même langue, et qu'un type de Vientianne comprenait un Bangkokois aussi bien qu'un Londonien un type de Liverpool. La grande table était recouverte de plats mais je ne garde le souvenir précis que d'une sorte de pâté ou de flan, présenté dans une feuille de bananier très joliment pliée.
Ensuite, nous avons visité le site des anciens palais. Francesco m'a demandé de traduire en anglais pour Nigel et il s'est mis discourir en français, fort comme un guide professionnel, si bien que très vite, nous avons eu quelques touristes autour de nous qui écoutaient aussi. A la deuxième phrase, Nigel a dit « Make it short » mais une nonne irlandaise s'est interposée. Elle insistait pour avoir tous les détails. Mais enfin, pour vous qui venez ici dans l'espoir de lire un blog culinaire, je résume en quelques mots. D'ailleurs, n'hésitez pas à sauter ce passage, allez directement à l'adaptation de mon plat par Emi.
Francesco a repris son parallèle entre l'évolution de la monarchie en France et au Siam (il prononce Sayam). A partir d'Ayudhya, les rois ont continué à annexer les territoires et les peuples voisins de même que les rois de France s'étaient progressivement adjugés l'Aquitaine, la Bretagne, la Bourgogne, la Savoie, Nice.... Au XVIIème siècle, les ambassadeurs que l'on avait échangés avaient pu constater que la cour du roi de Siam était aussi fastueuse que celle de Louis XIV
« But not as bloody stinky » a ajouté Nigel. Et puis, Nigel s'est mis à rajouter de plus en plus de détails, sur la morgue des jésuites et des commerçants français, sur leur expulsion du Siam, comment les Français avaient été stoppés ici après s'être emparés des autres pays d'Asie du sud-est...
Francesco a répliqué que les Thaïs avaient adopté d'eux-même le code Napoléon et les usages de la poste française, ouvert une annexe de l'Institut Pasteur à Bangkok, que « pain » se disait « kanom pang*** » où « pang » était clairement dérivé de « pain ».
Il y avait maintenant deux groupes et moi j'étais au milieu. J'ai dit que j'étais fatiguée et que je voulais rentrer. J'ai pris Francesco à mon bras gauche et Nigel sous mon bras droit. Pourquoi les Européens continuent-ils à se disputer, même au bout du monde?
Le groupe s'est dispersé, sauf une grande fille en jean et débardeur qui s'est mise à la gauche de Francesco et qui tout en marchant à ses côtés lui demandaient de parler encore de la cour d'Ayudhya.
*** kanom est un mot générique pour les douceurs, les desserts. Pour voir une sélection de kanom, rendez-vous sur le site de Richard ou bien donnez un coup d'oeil à cette page de San
Ce matin, un bruit persistant s'est infiltré dans mon sommeil. J'ai d'abord cru que c'était une corne de brume et que j'étais dans ma chambre à La Rochelle. Mais la corne fait Bououh bououh bououh alors qu'ici c'était touk touk touk touk touk. J'ai tiré les rideaux, le jour se levait à peine. Au bout du jardin, un remorqueur remontait le fleuve, traînant une dizaine de barges chinoises.
Hier, j'ai traversé une bonne partie des provinces du nord-est. Comme Francesco me l'avait recommandé, j'ai voulu visiter la première capitale des Thaïs. Nigel a eu la gentillesse de m'y emmener et nous sommes promenés à travers les vestiges de Phitsanulok. Mais visiblement, mon guide s'ennuyait. Alors, nous sommes repartis dans sa grosse Toyota. Nigel aime la campagne, les villages, les villes moyennes mais pas les monuments, surtout pas en ruines.
Nigel conduit très bien. Il représente un grand consortium de bières et voyage beaucoup. Il rend visite à tous les patrons de bars et de restaurants du pays. Quand il arrive quelque part, les sourires éclairent les visages et tout le monde connaît son nom.
Le soir nous sommes arrivés à Nakhon Sawan. Il a obtenu pour moi la plus grande chambre avec la plus belle vue dans l'hôtel le mieux placé. Et aujourd'hui, il m'a consacré tout son temps, toutes affaires cessantes. A 8 heures, il était devant l'hôtel, à côté de 2 vélos flambant neufs. Je crois bien qu'il les avaient achetés pour l'occasion.
Nous avons roulé toute la matinée, sur les avenues puis sur les allées du jardin qui forme le centre de la ville. Nigel est sportif, il a voulu le prouver. Ca a été terrible. La pente la plus sévère que je connais est celle du pont de l'île de Ré. Quand je suis enfin arrivée en haut du Khao Kop, la colline qui domine toute la région. tous mes muscles criaient pitié! Mais de là-haut on voyait se rejoindre quatre belles rivières nommées, Ping, Wang, Nom, Yom. Ensemble elles donnent naissance à la noble แม่น้ำเจ้าพระยา, Mère des Eaux Grand Généralissime, La Mae Nam Chao Praya. Le grand fleuve qui irrigue ensuite toutes les rizières du centre.
Nigel connaît tout ce qui touche à la bière. Mais il manifeste aussi un réel intérêt pour tout ce qui touche au riz. Il dit que plus de la moitié des 6,5 milliards d'humains dépendent directement de la culture du riz. Qu'ici, on a réussi des prodiges, que c'est le premier exportateur mondial avec un volume deux fois supérieur à celui de l'Inde ou les États-Unis. Je crois qu'il admire beaucoup les Thaïs mais il a fini avec une blague d'un goût curieux. « Pourquoi les asiatiques ont-ils les yeux bridés? ». Je voyais son oeil briller et son envie irrésistible de me révéler là réponse. « Parce que chaque jour, quand la femme apporte du riz sur la table, toute la famille se prend le front en disant, oh non, encore du riz ». Et en parlant, il a fait le geste de tirer ses yeux vers l'arrière. Ils sont devenus tout bridés et il a éclaté de rire. Est-ce donc ça l'humour anglais?

Salade de poisson d'eau douce "pla sua" , spécialité de Nakhon Sawan.
Servi avec un peu de citronelle, d'ail, quelques gouttes de nam pla, quelques légumes, du jus de citron, un peu de piment frais...

"hoy tod" des moules, ou pourquoi pas des huîtres ou d'autres coquillages (hoy) sautées (tod) avec des oeufs, un peu de poudre de riz grillé, de la sauce de poisson (nahm pla), des pousses de soja, quelques feuilles de coriandre. Plat très rapide à préparer dans un wok ou un poêle normale.
Nous nous sommes arrêtés plusieurs fois, j'ai goûté quelques-uns de ces plats incroyablement bons qu'on vous confectionne presque instantanément dans le plus minable troquet au coin de la plus petite rue de Nakhon Sawan.
Demain, nous irons à Ayuthaya. Je dois y rejoindre Francesco. Je crois que lui et Nigel vont très bien s'entendre.
Francesco m'a appris le mot « thalat » avant de me dire au-revoir. Cela signifie « marché ». Ainsi, je sais toujours où aller quand j'arrive dans un village ou une ville. N'est-ce pas là qu'il y a le plus d'animation, de restaurants, de gens? N'est-ce pas vers ce point que tout converge?
En Thaïlande, c'est encore plus vrai qu'ailleurs. On y trouve tout : des légumes et des fruits merveilleux, des bassines remplies de poissons, d'écrevisses, d'anguilles, des étals couverts de poudres mystérieuses et odorantes, des fioles pleines de liquides colorés.
Sous de grandes halles, il y a des tables par dizaines, et tout autour des éventaires spécialisés : l'un prépare uniquement le riz sauté, mais alors il est vraiment bon, l'autre découpe à longueur de journée des ananas. Un Chinois tout rond fait bouillir des quartiers de porc dans une bassine fumante. Une jeune femme étale des crêpes et encore des crêpes et encore des crêpes...
Je me suis assise près d'un garçon tout blond. Il semblait très à l'aise pour commander et il m'a montré comment procéder. C'est comme dans un libre-service, on prend ce que l'on veut, là où on veut. Mais au lieu d'aller chercher les plats on se contente d'un clin d'oeil. Aussitôt une femme, un homme, un enfant se présente devant vous et s'enquiert de vos souhaits.



Maa ho - Chevaux au galop.
Un peu de porc sauté contrastant avec des fruits, ananas, lychees, longams...
Pour sauter le porc > ail, coriandre (graines, feuilles), arachides grillées et pilées, poivre, nahm pla, piment.
Nous avons eu une grande discussion, le jeune homme blond et moi. Quand il a compris que j'écrivais un blog en français, il a eu une moue dubitative. Il m'a parlé de ces jeunes Français installés dans les grandes villes, envoyés pour des projets de coopération. Nigel m'en a dit beaucoup de mal. Leur plats favoris en Thaïlande? Le big-mac et cheese-burger. Incultes mais imbus de leur supériorité. Alors Nigel et ses amis connaissaient tout de la cuisine thaïe. L'un de ses amis, Richard, aurait créé un site qui décrirait chaque plat thaï avec précision, photos et vidéos à l'appui.
J'ai dit que nous aussi, nous avions des gens curieux et cultivés. Je lui ai donné l'adresse de Cléa et du Petit blog de riz, je lui ai dit qu'une certaine Thaliemiel réussissait ses plats japonais aussi bien que mon auteure, japonaise d'origine, qu'AnneE était capable d'imiter et peut-être de surpasser la plupart des plats qu'elle apercevait. Sans parler d'Elvira et de son encyclopédie de cuisine, précise, rigoureuse. Rien n'y a fait. Pour Nigel les Français ont un énorme problème culinaire. Ils sont tellement convaincus d'être les meilleurs que les goûts étrangers ne parviennent pas à leur cerveau et qu'ils sont donc incapables de les analyser. J'ai été tentée de lui répondre que les Britanniques avaient le problème inverse, qu'ils étaient si dépourvus de traditions et de points de comparaison qu'ils tombaient amoureux de la première cuisine venue en sortant de leur île.
Mais outre que j'aime un vrai fish and ships, ou un vrai gigot d'agneau avec ses petits pois, sa gravy onctueuse et ses pommes de terre toutes simples, je n'avais aucune envie de blesser ce gentil Nigel qui venait de commander tous ces bons plats que nous mangions en nous disputant.
Comme on fait avec les enfants, j'ai attiré son attention sur un autre sujet. Je lui ai dit que j'étais née sous le toit de Balthazar, l'un des rares Français à considérer Napoléon non pas comme un grand homme mais comme une malédiction inévitable. Je lui ai répété les paroles entendues si souvent à la maison : « Napoléon a versé à flots le sang français et indigène, des Sables d'Olonne à Smolensk, de Madrid à la Mer Rouge. Pendant ce temps les Anglais se rendaient maîtres des flots, du Saint-Laurent à la Mer de Tasman! » Je lui ai raconté comment Balthazar soupire en regardant la mer : « Ah si Napoléon avait été un amiral plutôt qu'un général! Ah s'il n'avait pas perdu toute notre flotte à Aboukir! ». Nigel commençait à m'écouter avec attention. Quand je lui ai décrit comment de notre salon on voyait l'île où l'Empereur avait passé ses trois dernières nuits avant de se rendre au capitaine du Belléphoron, il a retrouvé sa bonne humeur.
Quel poids d'histoire les hommes transportent avec eux! En retrouvant son sourire, Nigel m'a dit : « Je te montrerai ce qu'il y a de plus beau ici et tu goûteras tout ce qu'il y a de meilleur dans ce pays». Il est gentil, Nigel.
Nous avons fait un petit tour à Vientiane, c'est beaucoup moins beau que Luang Prabang. Ensuite, Francesco m'a aidée à prendre les billets pour traverser le fleuve et me rendre en Thaïlande. Lui même reste encore un peu au Laos.
Il m'a dit qu' en descendant ainsi du nord vers le sud et en passant par Sukhotai, je suivrai la route de l'expansion des Thaïs. Selon lui, il y aurait beaucoup de ressemblances entre ce peuple et les Francs à commencer par le nom puisque thaï comme franc veut dire libre. Que les Thaïs et les Francs avaient eu la même manière de conquérir progressivement un territoire, les provinces périphériques de l'empire khmère d'un côté, les provinces gallo-romaines de l'autre.
Ensuite, Francesco a tracé un parallèle pour l'invention des institutions politiques, depuis les agrégats de chefferies jusqu'à l'invention d'un puissant pouvoir royal de droit divin. J'avoue que là, il commençait à devenir long et ennuyeux et que j'ai décroché.
Je lui ai dit que tout ça était passionnant mais que mes lecteurs avaient d'autres centres d'intérêt. Il a eu l'air déçu et il s'est dépêché de souligner une dernière convergence entre les Thaïs et les Français, à savoir l'importance donnée à la cuisine, la qualité et la variété des plats, les cuisines de terroir et la haute gastronomie pratiquée dans les palais royaux et chez les aristocrates, puis copiée par les grands ignitaires bourgeois. Je ne sais pas pourquoi, Francesco ne sait pas faire de phrases courtes.
En abordant à Nong Khai, il était midi et je défaillais de faim. Je suis entrée dans le premier restaurant et c'est vrai qu'en voyant la carte, bien fournie, organisée en rubriques, avec les hors d'oeuvre, les viandes, les volailles, les poissons, les légumes, les pâtes, les riz, les desserts, je me suis retrouvée en pays de connaissance.
J'ai choisi un joli kaeng khieu wan pla. C'est à base de poisson, il y a un goût subtil de noix de coco, un peu de curry vert, des feuilles de citron et de basilic. Tout ça est incroyablement bien dosé et harmonieux. Le riz blanc était fabuleux.Je crois que je n'en ai jamais mangé de meilleur.
Ce qui me plaît aussi, c'est que tout est très joli.

P.S. Gracianne, j'ai bien relu mon dernier billet et je ne vois pas où Francesco s'est moqué de moi. Il parlait avec un ton tellement gentil et si tu avais vu son regard...
D'ailleurs, je lui ai demandé s'il avait voulu me railler. La main sur le coeur, il a dit : « Je ne suis pas Français de souche et j'ignore l'ironie »
Hier après-midi, nous avons eu assez peur. Le bateau a piqué du nez puis fait un tête à queue avant de se mettre en travers. Tout le monde somnolait sur le pont mais nous venions d'aborder une zone de rapides. Alors, on s'est réveillé en sursaut, l'équipage s'est armé de longues cannes de bambou pour écarter le bateau des rochers, le capitaine a tourné la roue à toute vitesse. Le bateau s'est redressé et a dévalé les paliers successifs. Il bondissait sur l'eau et tout le monde est resté aux aguets pendant tout ce temps.
Ensuite, le fleuve s'est élargi ; nous avons repris nos zigzags d'une rive à l'autre, embarquant et débarquant voyageurs et marchandises.
Francesco me signale plein de choses que sans lui je ne remarquerais pas. Souvent il utilise des mots longs et compliqués. Dans la même phrase, il peut donner le nom d'une plante en français en latin ou en lao, détailler les rites observés lors de sa cueillette et expliquer comment on la consomme.
Il m'a aussi parlé de lui-même. Son auteur l'aurait créé à son image, porteur de nombreux dons mais incapable d'en exploiter un seul. Après avoir décrit son apparence physique (grand, fort, bronzé, les yeux gris clair), la vivacité de son intelligence et énuméré les sciences exactes et humaines que Francesco avait étudiées, l'auteur s'était arrêté, en panne d'inspiration. D'ailleurs, il lui était difficile de se concentrer. Il vivait avec cinq femmes, son épouse et ses quatre filles. Dès qu'il s'installait pour écrire, l'une d'elle venait vers lui, posait des questions, racontait sa journée, sollicitait son avis. Parfois elle se réunissaient dans son bureau, riant puis se chamaillant avant de lui demander ses arbitrages.
C'est ainsi que Francesco est resté à l'état d'esquisse et qu'il erre désormais, sans blog ni domicile, pigiste occasionnel, jeune homme à prendre en mais et à façonner, créature en quête d'auteur.
Je trouve qu'il est trop sévère avec lui-même. Pour moi, en tous cas, il tombe vraiment bien. J'ai moins peur depuis qu'il est là. En plus, il connaît plein de choses sur la cuisine locale, m'encourage à goûter des herbes inconnues, me signale les chausse-trappes de la langue lao. Par exemple le riz lao s'appelle khao niew. On le fait cuire à la vapeur dans des cornets en bambou tressé puis on le garde dans de jolis petits paniers ronds. Pendant toute la cuisson, ça sent très bon, aussi bon ou même meilleur que le pain frais, le matin à la boulangerie. Quand on mange ce riz, on plonge les doigts dans le panier, c'est brûlant. Puis on façonne une petite boule. Comme il est collant c'est facile. Si on le mâche lentement, il devient très sucré et atténue la brûlure du piment ou l'acidité de plats. Si on en mange trop ou trop vite, on se condamne à des siestes longues et délicieuses.

Quand Emi prépare ce riz, elle a un truc, pratique même s'il ne respecte pas la tradition.
Pour ne pas qu'il attache au panier, elle tapisse les bords panier avec des feuilles de laitue avant d'y mettre le riz.
Et bien, Francesco me l'a dit, il faut faire très attention à la prononciation. Si on dit khao avec une inflexion montante puis descendante, c'est le riz. Sinon cela veut dire forêt. C'est comme Maa qui peut signifier arrive ou cavale, phi soeur ou fantôme.
Il y a un mot très dangereux lorsqu'on passe commande. Francesco me l'a fait travailler : c'est le mot kai. Selon le ton utilisé, il signifie poule ou péripatéticienne. Comme je n'ai encore jamais rencontré ce dernier mot dans aucun blog culinaire et que je ne voyais pas où était le danger, il m'a donné des synonymes : vestale, hétaïre, courtisane... Je ne voyais toujours pas. Quand il a dit grue, j'ai compris. C'est un oiseau qui décore souvent la vaisselle japonaise et qu'on ne mange pas. J'ai dit que j'étais bien contente de cette leçon et qu'ainsi, je ne risquais pas d'offenser les serveurs en commandant une grue.
Francesco m'a regardé et il m'a gentiment que moi, j'étais une sorte d'oie blanche. C'est affectueux, non? J'aime beaucoup les oies, en confit ou en foie gras, ou à la broche comme pour les grandes fêtes. Peut-être est-ce une manière de me dire qu'il me trouve à son goût?
Si tout ce passe bien, nous serons à Vientiane ce soir ou demain.



